PH0C.4S
C'est trop perdre de temps à souffrir ces discours. Dépêche , Octavian.
HÉRACLIUS
N'attente rien , barbare!
Je suis,...
PHOCAS
Avoue enfin.
HERACLIUS
Je tremble , je m'égare , Et mon cœur....
PHOCAS , à Héraclius.
Tu pourras à loisir y penser.
( à Octavian. )
Frappe.
HÉRACLIUS
Arrête; je suis.... Puis-je le prononcer?
PHOCAS
Achève, ou....
HÉRACLIUS
Je suis donc, s'il fautquejeledie, Ce qu'il faut que je sois pour lui sauver la vie.
Oui , je lui dois assez , seigneur, quoi qu'il en soit , Pour vous payer pour lui de l'amour qu'il vous doit; Et je vous le promets entier, ferme, sincère. Et tel qu'Héraclius l'aurait pour son vrai père. J'accepte en sa faveur ses parents pour les miens ' ; Mais sachez que vos jours me répondront des siens : Vous me serez garant des hasards de la guerre, Des ennemis secrets , de l'éclat du tonnerre ; Et de quelque façon que le courroux des cieux Me prive d'un ami qui m'est si précieux , Je vengerai sur vous , et fussiez-vous mon père , Ce qu'aura fait sur lui leur injuste colère.
PHOCAS
Ne crains rien : de tous deux je ferai mon appui; L'amour qu'il a pour toi m'assure trop de lui : Mon cœur pâme de joie, et mon âme n'aspire Qu'à vous associer l'un et l'autre à l'empire. J'ai retrouvé mon fils : mais sois-le tout à fait , Et donne-m'en pour marque un véritable effet ' ; Ne laisse plus de place à la supercherie ^ : Pour achever ma joie, épouse Pulchérie.
HÉRACHUS.
Seigneur, elle est ma sœur.
PHOCAS
Tu n'es donc point mon liLs.
Puisque si lâchement d(\jà tu t'en dédis ?
PULCHÉRIE
Qui te donne , tyran , une attente si vaine ?
■ Toute celte tirade est véritablement tragi(|ue; voilà de la force, du pathétique, et de beaux vers. (V.) 2 Cela n'est pas français. (V.) ^ Jamais ce mot ne doit entrer dans la tragédie. (V.)