‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 891 sur 1093 · HÉRACLIUS, MARTIAN, PULCHÉRIE · texte numérisé non relu

HÉRACLIUS, MARTIAN, PULCHÉRIE

PULCHÉRIE

Le lâche, il vous flattait lorsqu'il tremblait dans l'âme. Mais tel est d'un tyran le naturel infâme : Sa douceur n'a jamais qu'un mouvement contraint; S'il ne craint, il opprime; et s'il n'opprime, il craint. L'une et l'autre fortune en montre la faiblesse ; L'une n'est qu'insolence , et l'autre que bassesse 4, A peine est-il sorti de ses lâches terreurs Qu'il a trouvé pour moi le comble des horreurs, [tre, Mes frères, puisque enfin vous voulez tout deux l'ê- Si vous m'aimez en sœur, faites-le-moi paraître.

HÉRACLIUS. [jours?

Que pouvons-nous tous deux , lorsqu'on tranche nos

' Convenons que rien n'est plus outré : un tyran furieux peut bien dire à son ennemi qu'il aime mieux le faire languir dans de longs supplices que de lui donner la mort ; mais peul-on dire à une lille -.je ne t'aime pas assez pour te faire mourir? (V.)

2 On ne s'attendait point ft cette alternative; elle aurait quelque chose de trop comique, si cette saillie d'un vieillard n'était tout d'un coup relevée par le vers suivant.

^ Si on ne considère ici que la lille de Maurice, ce n'est guère un plus grand supplice pour elle d'être impératrice que d'élro bru de l'empereur régnant; mais l'âge d'un vieillard qui se présente pour époux au lieu de son fils pourrait donner du ridicule à ces expressions : Quel supplice! — Il est grand. — Remarquez que cette menace soudaine et inattendue que Phocas fait à Pulchérie de l'épouser donne lieu à une dissertation dans la scène suivante. 11 semble que l'empereur "ne laisse Martian , Héraclius et Pulchérie ensemble que pour leur donner lieu d'amuser la scène en attendant le denoùment. (V.)

4 Si Pulchérie et ces princes étaient des personnages agissants, Pulchérie ne débiterait pas des sentences. Phocas n'a point montré de bassesse ; c'est un père qui cherche à counaitrc son lils : il n'y a là rien de bas. (V.)

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