HÉRACLIUS, PULCHÉRIE, MARTIAN, AMINTAS
AMINTAS
Rlon bras Vient de laver ce nom dans le sang de Phocas 4.
' Cette contestation est-elle convenable à la tragédie? Traiter de mattressc n'est ni français ni noble. (V.)
» Ces vers ne sont pas moins obscurs : l'obscure vérité qu'il sif/ne ne peut le rendre dir/nc du nom qui le perd.' (V.)
^ Un sort qui fait un effort ! Presque aucune expression n'est ni pure ni naturelle. Kniin la délibération de ces trois personnages n'aboutit à rien : ils n'agissent ni n'ont aucun dessein arrêté dans toute la pièce. (V.)
i Je ne parle point ici d'un bras qui lave un nom : on sent assez combien le terme est impropre; mais J'insiste sur ce
HÉRACLIUS, ACTE V, SCÈNE Vil.
HRRACLIUS.
Que nous dis-tu ?
AMINTAS
Qu'à tort vous nous prenez pour traîtres ; Qu'il n'est plus de tyran ; que vous êtes les maîtres '.
HÉRACLIUS
De quoi?
AMINTAS
De tout l'empire.
MARTI AN
Et par toi ?
AMIMAS.
Kon , seigneur ' ; Un autre en a la gloire , et j'ai part à l'honneur.
HÉRACLILS.
Et quelle heureuse main finit notre misère?
AMINTAS
Princes, l'auriez-vous cru? c'est la main d'Exupère.
MAKTIAN.
Lui , qui me trahissait ?
AMINTAS
C'est de quoi s'étonner :
li ne vous trahissait que pour vous couronner.
HÉRACLIUS
]N'a-t-il pas des mutins dissipé la furie?
AMINTAS
Son ordre excitait seul cette mutinerie ^.
MARTIAN
H en a pris les chefs , toutefois ?
AMINTAS
Admirez Que ces prisonniers même avec lui conjurés Sous cette illusion couraient à leur vengeance 4 :
personnage subalterne d'Amintas, qui n'a dit que quatre mots dans toute la pièce, et qui en fait le dénoùment. Jamais, en aucun cas , on ne doit imiter un tel exemple ; il faut toujours que les premiers personnages agissent. (V.)
' Ce mot n'est-il pas déplacé? car il s'adresse sûrement au fils de Phocas comme au fils de Maurice ; il doit croire qu'un des deux princes vengera la mort de son père. (V.)
^ Il doit au contraire répondre : oui, seigneur; puisqu'aa vers suivant il dit : j'ai part à cet honneur. (V.)
3 Ce mot est trop familier : révolte, sédition, tumulte, soulèvement, etc., sont les termes usités dans le style tragique. (V.)
4 Admirez qu'ils couraient n'est pas français. Cet événement est en effet bien étonnant -, et jamais l'histoire n'a rien fourni de si improbable : on peut assassiner un roi au milieu de sa garde , on peut tuer César dans le sénat; mais il n'est guère possil)le rjuc, dans le temps que Phocas fait attaquer les conjurés, il n'ait pris aucune mesure pour être le plus fort chez lui : un homme, qui de simple soldat est devenu empereur, n'est pas imbécile au point de recevoir dans sa maison plus de prisonniers qu'il n'a de soldats pour les garder; on ne fait point ainsi venir des prisonniers dans son appartement avec des poignards sous leurs robes : on les fouille , on les désarme , on les charge de fers , on ne se livre point à eux. Ainsi la vraisemblance est partout violée.
Tous contre ce barbare étant d'intelligence ,
Suivis d'un gros d'amis nous passons librement
Au travers du palais à son appartement.
La garde y restait faible , et sans aucun ombrage ;
Crispe même à Phocas porte notre message :
Il vient; à ses genoux on met les prisonniers ,
Qui tirent pour signal leurs poignards les premiers '.
Le reste , impatient dans sa noble colère ,
Enferme la victime; et soudain Exupère :
« Qu'on arrête, dit-il ; le premier coup m'est dû : « C'est lui qui me rendra l'honneur presque perdu ^ » Il frappe , et le tyran tombe aussitôt sans vie , Tant de nos mains la sienne est promptement suivie. Il s'élève un grand bruit , et mille cris confus Ne laissent discerner que Vive Héraclius ! Nous saisissons la porte, et les gardes se rendent. Mêmes cris aussitôt de tous côtés s'entendent ; Et de tant de soldats qui lui servaient d'appui , Phocas , après sa mort , n'en a pas un pour lui.
PULCHÉRIE
Quel chemin Exupère a pris pour sa ruine ^ !
AMINTAS
Le voici qui s'avance avecque Léontine.