‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 894 sur 1093 · TROUPE · texte numérisé non relu

TROUPE

HÉRACLIUS , à Léontine.

Est-il donc vrai, madame? et changeons-nous de sort ? Amintas nous fait-il un fidèle rap port ?

Remarquez que , dans la règle , il faut : ces prisonniers mêmes ; mais, s'il n'est pas permis à un poète de retrancher une s va celte occasion, il n'y aura aucune licence pardonnable. Corneille retranche presque toujours celle s, el fait un adverbe d'j même, au lieu de le décliner.

Sons cette illusion couraient à leur vengeance.

Cela n'est pas français ; on ne coui't point à la vengeance sous une illusion. (V.)

' Porte notre message , leurs poignards les premiers , tant de nos mains la sienne , etc. : ces expressions, ou impropres, ou incorrectes , ou faibles , énervent le récit , et lui oteiit loiile sa chaleur. Orestc, dans YAndromaque, en faisant uo récit à peu près semblable , s'exprime ainsi :

A ces mots , qui du peuple attiraient le suffrage. Nos Grecs n'ont répondu que par un cri de rage; l,'infidi'-le s'est vu partout enveIop])er, Et je n'ai pu trouver de place pour frapper.

La pureté de la diction augmente toujours l'inléi'èf. (Y.)

^ Ce presque perdu affaiblit encore la narration. Le spectateur s'embarrasse trop peu qu'un personnage aussi subalterne qu'Exupère fiit presque perdu son honneur. (V.)

3 Prendre un chemin pour une ruine est une expression vicieuse, un barbarisme; et celte réflexion de Pulchérie csl trop froide quand elle apprend la mort de son tyran. (V.)

Page 1