‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 910 sur 1093 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

ANDROMÈDE, chœur de nymphes, un page.

ANDROMÈDE

Nymphes , notre guirlande est encor mal ornée ; Et devant qu'il soit peu nous reverrons Phinée , Que de ma propre main j'en voulais couronner Pour les heureux avis qu'il vient de me donner. Toutefois la faveur ne serait pas bien grande ; Et mon cœur après tout vaut bien une guirlande. Dans l'état où le ciel nous a mis aujourd'hui , C'est l'unique présent qui soit digne de lui.

Quittez , nymphes , quittez ces peines inutiles ; L'augure déplairait de tant de fleurs stériles ; Il faut à notre hymen des présages plus doux. Dites-moi cependant laquelle d'entre vous.... Mais il faut me le dire, et sans faire les fines.

AGLANTE

Quoi , madame ?

ANDROMÈDE

A tes yeux je vois que tu devines '.

Dis-moi donc d'entre vous laquelle a retenu En ces lieux jusqu'ici cet illustre inconnu. Car enfin ce n'est point sans un peu de mystère Qu'un tel héros s'attache à la cour de mon père. Quelque chaîne l'arrête et le force à tarder. Qu'on ne perde point temps à s'entre-regarder. Parlez, et d'un seul mot éclaircissez mes doutes. Aucune ne répond , et vous rougissez toutes ! Quoi! toutes l'aimez- vous? Un si parfait amant Vous a-t-il su charmer toutes également? Il n'en faut point rougir, il est digne qu'on l'aime :

• Ces puérilités étaient le vice du temps ; cela pouvait s'appeler alors de la galanterie : on ne sentait pas l'indéconce d'un pareil contraste avec le fond terrible de la pièce. (V.)

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