‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 923 sur 1093 · ANDROMÈDE, ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ANDROMÈDE, ACTE III, SCÈNE II

Ala constance qui s'y prépare Le trouve d'autant plus barbare Qu'il diffère à me dévorer.

Étrange effet de mes malheurs !

Mon âme traînante , abattue , K'a qu'un moment à vivre, et ce moment me lue

A force de vives douleurs.

Ma frayeur a pour moi mille mortelles feintes ,

Cependant que la mort me fuit; Je pâme au moindre vent , je meurs au moindre bruit ;

Et mes espérances éteintes

N'attendent la fin de mes craintes

Que du monstre qui les produit.

Qu'il tarde à suivre mes désirs!

Et que sa cruelle paresse A ce cœur dont ma flamme est encor la maîtresse

Goûte d'amers et longs soupirs !

O toi , dont jusqu'ici la douceur m'a suivie ,

Va-t'en , souvenir indiscret; Et , cessant de me faire un entretien secret

De ce prince qui m'a servie,

Laisse-moi sortir de la vie

Avec un peu moins de regret.

C'est assez que tout l'iuiivers

Conspire à faire mes supplices; Ne les redouble point, toi qui fus mes délices,

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