SCÈNE III AUGUSTE, LIVIE
AUGUSTE
Madame, on me trahit, et la main qui me tue Rend sous mes déplaisirs ma constance abattue. Cinna, Cinna, le traître...
LIVIE
Euphorbe m'a tout dit Seigneur, et j'ai pâli cent fois à ce récit. Mais écouteriez-vous les conseils d'une fenune?
AUGUSTE
Hélas! de quel conseil est capable mon âmef
LIVIE
Votre sévérité, sans produire aucun fruit. Seigneur, jusqu'à présent a fait beaucoup de bruit; Par les peines d'un autre aucun ne s'intimide : Salvidien à bas a soulevé Lépide; Murène a succédé , Cépion l'a suivi :
Le jour à tous les deux dans les tourments rayi N'a point mêlé de crainte à la fureur d'Égnace, Dont Cinna maintenant ose prendre la place; Et dans les plus bas rangs les noms les plus abjects Ont voulu s'ennoblir par de si hauts projets. Après avoir en vain puni leur insolence. Essayez sur Cinna ce que peut la clémence, Faites son châtiment de sa confusion.
Cherchez le plus utile en cette occasion : Sa peine peut aigrir une ville animée, ^ Son pardon peut servir à Totre renommée; Et ceux que vos rigueurs ne font qu'effaroucher Peut-être à vos bontés se laisseront toucher.
AUGUSTE
Gagnons4es tout à fait en quittant cet empire Qui nous rend odieux, contre qui l'on conspire. J'ai trop par vos avis consulté là-dessus;