‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 286 sur 594 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

CLARICfi%

Rêvez^oiisf raiUez^voiisf et qud est te mystère?

ALCIPPE

Ce mystère est novfeau» mm non pas fort secret Choisis une autre fois un amant plus discret; Lui-même il m'a tout dit.

CLARIC&

ttui» lui-même f

ALCIVM.

Dorante»

çlâricb* Dorante!

ALCIPPE

ContinM, et fttts bien Tignoiunte.

CLAKICfi»

Si je le Tia Jamais , «I si je le connoi I...

ALCIPPfié

Ne Tienfrje pas de voir son père atecque toi? Tu passes, infidèle » ftme ingrate et légère, La nuit ayec le fils, le Jour arec le pèrel

CLAatCB.

Son père, de vieux temps, est grand ami du mien.

ALCIPPKé

Cette vieille amitié faisait votre entretien? Tu te sens 'Convaincue, et tu m*oses répondre! Te faut-il quelque chose encor pour te confondre?

CtAAICB.

Alcippe, si je sais quel visage a le fils...

ALCIPPE

La nuit était fort noire alors que tu le vis. U ne t'a pas donné quatre chœm*8 de musique « Une collation superbe et magnifique , Six services de rang, douze plats à chacun? Son entretien alors t'était fort importun? Quand ses feux d'artifice éclairaient le rivage, Tu n'eus pas le loisir de le voir au visage? Tu n'as pas avec lui dansé jusques au jour? Et tu ne l'as pas vu pour le moins au retour? T'en ai-je dit assez? Rougis, et meurs de honte 1

CLARICE

Je ne rougirai point pour le récit d'un conte.

364 Lfe MENTEUR.

ALCIPPE

Quoi! je suis donc un fourbe, un bizarre, un jaloux?

CLARIGE.

Quelqu'un a pris plaisir à se jouer de tous, Alcippe, croyez-moi.

ALCIPPE

Ne cherche point d'excuses; Je connais tes détours, et devine tes ruses. Adieu : suis ton Dorante, et Faime désormais; Laisse en repos Âlcippe, et n'y pense jamais.

CLARICE

Écoutez quatre mots.

ALCIPPE

Ton père va descendre.

CLARICE

Non, il ne descend point, et ne peut nous entendre; Et j'aurai tout loisir de vous désabuser.

ALCIPPE

Je ne t'écoute point, à moins que m'épouser, A moins qu'en attendant le jour du mariage , M'en donner ta parole et deux baisers en gage.

CLARICE

Pour me justifier vous demandez de moi, Alcippe?...

ALCIPPE

Deux baisers, et ta main, et ta foi.

CLARICE

Que cela?

ALCIPPE

Résous-toi, sans plus me faire attendre.

CLARICE

Je n'ai pas le loisir, mon père va descendre. SCÈNE IV

ALCIPPE

Va, ris de ma douleur alors que je te perds; Par ces indignités romps toi-même mes fers; Aide mes feux trompés à se tourner en glace ; Aide un juste courroux à se mettre en leur place. Je cours à la vengeance, et porte à ton amant

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