ACTE 1, SCÈNE IV
Elle-même leur dresse mie embûche au passage. Se mêle dans les coups , porte partout sa rage , En pousse jusqu'au bout les furieux effets. Que Yous dirai-je enfin? les Parthes sont défaits; Le roi meurt, et, dit-on, par la main de la reine; Rodogune captive est livrée à sa haine. Tous les maux qu'un esclave endure dans les fers , Alors sans moi , mon frère , elle les eût soufferts. La reine , à la gêner prenant mille délices , Ne commettait qu'à moi l'ordre de ses supplices ; Mais, quoi que m'ordonnât celte âme toute en feu, Je promettais beaucoup , et j'exécutais peu. Le Parthe cependant en jure la vengeance : Sur nous à main armée il fond en diligence , Nous surprend, nous assiège, et fait un tel effort, Que, la ville aux abois, on lui parle d'accord, n veut fçrmer l'oreille , enflé de l'avantage ; Mais voyant parmi nous Rodogune eu otage. Enfin il craint pour elle, et nous daigne écouter; Et c'est ce qu'aujourd'hui l'on doit exécuter. La reine, de l'Egypte a rappelé nos princes Poui* remettre à l'aîné son trône et ses provinces. Rodogune a paru, sortant de sa prison.
Comme un soleil levant dessus notre horizon. Ije Parthe a décampé , pressé par d'autres guerres Contre l'Annénien qui ravage ses terres ; D'un ennemi cruel il s'est fait notre appui ; Ijx paix finit la haine; et, pour comble aujourd'hui, l)ois-je dire de bonne ou mauvaise fortune? Nos deux princes tous deux adorent Rodogune.
TIMAGÉNE.
itùt qu'ils ont paru tous deux en cette cour, ils ont vu Rodogune, et j'ai vu leur amour; Mais, comme étant rivaux nous les trouvons à plaindre, 'Connaissant leur vertu je n'en vois rien à craindre. l»oiir vous, qui gouvernez cet objet de leurs vœux...
LAONICE
Je n*ai point encor vu qu'elle aime aucun des deux.
TIMAGÉNE.
Vous me trouvez mal propre à cette confidence , . t , peut-être à dessein... Je la vois qui s'avance.
Adieu : je dois au rang qu'elle est prête à tenir Du moins la liberté de vous entretenir.