‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 402 sur 594 · ACTE 11, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE 11, SCÈNE VII

Le peuple est mutiné » nos amis assemblés , Le tyran efirayé, ses confidents troublés. Donnez Tayeu du prince à sa mort qu'on apprête , Et ne dédaignez pas d'ordonner de sa tête.

MARTIAN

Surpris des nouveautés d'un tel événement,

Je demeure à vos yeux muet d'étonnement.

Je sais ce que je dois, Madame, au grand scnice

Dont vous avez sauvé l'héritier de Maurice.

Je croyais, comme fils, devoir tout à vos soins.

Et je vous dois bien plus lorsque je vous suis moins;

Mais, pour vous expliquer toute ma gratitude,

Mon âme a trop de trouble et trop d'inquiétude.

J'aimais, vous le savez, et mon cœur enflammé

Trouve enfin une sœur dedans l'objet aimé.

Je perds une maîtresse en gagnant un empire ;

Mon amour en murmure , et mon cœur en soupire ;

Et de mille pensers mon esprit agité

Parait enseveli dans la stupidité.

II est temps d'en sortir, l'honneur nous le commande.

n faut donner un chef à votre illustre bande :

Allez, brave Exupère, allez, je vous rejoins;

Souffrez que je lui parle un moment sans témoins.

Disposez cependant vos amis à bien faire ;

Surtout sauvons le fils en immolant le père :

n n'eut rien du tyran qu'un peu de mauvais sang ,

Dont la dernière guerre a trop purgé son flanc.

EXUPÈRE

Nous vous rendrons. Seigneur, entière obéissance, Et nous allons attendre avec impatience.

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