XII VIE DE P. CORNEILLE
point la cour; il y apportait un visage presque inconnu, un grand nom qui ne s'attirait que des louanges, et un mérite qui n'était point le mérite de ce pays-là.
Rien n'était égal à son incapacité pour les affaires, que son aversion : les plus légères lui causaient de l'effroi et de la terreur. Quoique son talent lui eût beaucoup rapporté, il n'en était guère plus riche. Ce n'est pas qu'il eût été fâché de l'être; mais il eût fallu le devenir par une habileté qu'il n'avait pas^ et par des soins qu'il ne pouvait prendre.
Il n'était point trop endurci aux louanges^ à force d'en recevoir; mais, s'jl était sensible à la gloire, il était fort éloigné de la vanité; quelquefois il se confiait trop peu à son rare mérite^ et croyait trop facilement qu'il pût avoir des rivaux*
A beaucoup de probité naturelle il a joint, dans tous les temps de sa vie, beaucoup de religion, et plus de piété que le commerce du monde n'en permet ordinairement. Il a eu souvent besoin d'être rassuré par des casuistes sur ses pièces de théâtre, et ils lui ont toujours fait grâce en faveur de la pureté qu'il avait établie sur la scène, des nobles sentiments qui régnent dans ses ouvrages, et de la vertu qu'il a mise jusque dans l'amour.
TRAGÉDIE EN CINQ ACTES
PERSONNAGES
D. F ERN AND, premier roi de Gaftilie.
D. URRAQUE, infante de CastUle.
D. DIEGUE, père de don Rodrigne.
D» GOMES, comte dé Gormas, père de Ghimène.
D. RODRIGUE, amant de Chimène.
D. S ANCHE, amoureux de Ghimëne.
D. ARIAS
D. ALONSE, is*"^^^^^™-^!'"'-
GHIMÈNE, fille de don Gom^s.
LEON OR, gouvernante de Tinrante.
ELVIRE; gouTcmanle de Cbimène.
Un page Ofi L*1NFANTE.
La scène est à Séville.