‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 95 sur 594 · SCÈNE II LE VIEIL HORACE, VALÈRE, CAMILLE · texte numérisé non relu

SCÈNE II LE VIEIL HORACE, VALÈRE, CAMILLE

VALÈRE

Envoyé par le roi pour consoler un père, Et pour lui témoigner...

LE VIEIL HORACE

N'ien prenez aucun soin :

Cest un soulagement dont je n*ai pas besoin ; Et j'aime mieux voir morts que couverts d'infamie Ceux que vient de m'ôter une main ennemie. Tous deux pour leur pays sont morts en gens d'honneur; U me suffît.

VALÉRE

Hais l'autre est un rare bonheur ; De tous les trois chez vous il doit tenir la place.

LE VIEIL HORACE

Que u'a-t-on vu périr en lui le nom d'Horace !

VALÈRE

Seul vous le maltraitez après ce qu'il a fait

LE VIEIL HORACE

C'est à moi seul aussi de punir son forfait.

VALÈRE

Quel forfait trouvez-vous en sa bonne conduite?

LE VIEIL HORACE

Quel éclat de vertu trouvez-vous en sa fuite?

VALÈRE

) La fuite est glorieuse en cette occasion.

Vous redoublez ma honte et ma confusion. Certes, l'exemple est rare et digne de mémoire, I De trouver dans la fuite un chemin à la gloire.

VALÈRE

Quelle confusion, et quelle honte à vous

D'avoir produit un fils qui nous conserve tous ,

Qui fait triompher Rome, et lui gagne un empire?

À quels plus grands honneurs faut-il qu'un père aspire?

LE VIEIL HORACE

Quels honneurs, quel triomphe, et quel empire enfin, Lorsque Âlbe sous ses lois range notre destin?

VALÈRE

. Que parlez-vous ici d'Albe et de sa victoire î Ignorez-vous encor la moitié de l'histoire?

LE VIEIL HORACE

Je sais que par sa fuite il a trahi l'État.

VALÈRE

Oui, s'il eût en fuyant terminé Je combat;

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