AMOURETTE
Or' que l'hyver roîdit la glace épcsse, Réchaufons-nous , ma gentille maistresse , Non accroupis dans la fouyer cendreux , Mais au plaisir des combats amoureux.
Assisons-nous sur ceste molle couche; Sus, baisez-moy de vostre belle bouche.
Pressez mon col de vos bras déliez , Et maintenant vostre mère oubliez.
Que de la dent vostre tetin je morde , Que vos cheveux fil à fil je destorde ; iTne faut point en si folastres jeux Comme au dimanche arranger ses cheveux.
Approchez-vous , tendez-moy vostre oreille :
Hà! vous avez la couleur plus vermeille Que par avant; avez-vous point ou^ Quelque doux mot qui vous ait resjouy?
Je vous disois que la main j'allôis mettre Sur vos genoux ; le voulez-vous permettre ?
Vous rougissez , maistresse ; je voy bien A vostre iront que je vous fais grand bien.
Quoi I vous taut-il cognoistre à vostre mine } Je jure Amour que vous estes si fine^ Que, pour mourir, de bouche ne diriez Qu'on vous le fist, bien aue le desiriez :
Car toute fille , encor* qu elle ait envie Du jeu d'aimer, désire estre ravie.
Second Livre. 219
Tesmoiti en est Heiene^ qui suivit D'un franc vouloir Pans, qui la ravit.
Or je vay donc user d'une main forte Pour vous avoir. Ha 1 vous faites la raorte ! Sus ) endurez ce doux je ne sais quoy !
Car autrement vous mocqueriez de moy En vostre lict c^uand vous seriez seulette.
• Or sus , c'est fait , ma gentille brunette ; Recommençons , à iin que nos beaux ans Soyent réchauffez en combats si plaisants.