‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 130 sur 227 · XVI C · texte numérisé non relu

XVI C

Te regardant assise auprès de ta cousine. Belle comme une aurore, et toy comme un soleil , Je pensois voir deux fleurs a'un mesme teint pareil , Croissantes en^ beauté,, Tune à Pàutre voisine^

La chaste^ saiJDCte, belle et unique Angevine Viste comme un esclair, sur moy )etta son œil ; Toy, comme paresseuse et pleine de sommeil.

D'un seul petit regard tu ne m'estimas digne.

Tu t'entretenois seule au visage abaisse.

Pensive toute à toy, n'aimant rien que toy-mesme. Desdaignant un chascun d'un sourcil ramassé^ [l'aime.

Comme une qui ne veut qu'on la cherche ou qu'on J'en peur de ton silence, et m'en allay tout blesme, Craignant quemoa salut n'eust ton œil offensé.

De toy, ma belle Grecque, ainçois belle Espagnole,. Qui tires tes ayeuls au sang iberien.

Je suis tant serviteur qu'icy je ne voy rien

I . Binet, qui a sceu familièrement l'intention dû poête^ dit que la pnmitive conception de ce sonnet a esté dressée pour kr comtesse de Mansteld, fille aisnée du mareschal d& Brissac. Depuis il l'a acconunodée à ses Amours. (R.)

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Qui me plaise, sinon tes veux et ta parole.

Comme un mirouer ardent ton visage m'afole^ Me perçant de ses rais, et tant je sens de bien , En t oyant deviser, oue je ne suis plus nrien, Et mon ame fuitive a la tienne s'envole.

Puis, contemplant ton oeil , du mien victorjeox, Je voy tant de vertus que je n'en sçay le conte, Esparses sur ton front comme estoiles aux cieuit.

Je voudrois estre Argus ; mais je rougis de honte Pour voir tant de beautez que je n*ay que deux yeux , Et que tousjours le fort le plus foibk suirmoQte. •

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