XLI
Comme je regardois ces yeui, mais ceste fondre, Dont resclat amoureux ne part jamais en vain. Sa blanche, charitable et délicate main Me parfuma le chef et la barbe de poudre.
Poudre rhonneur de Cypre, actuelle à résoudre L'ulcereaui s'enchame au plus creux de mon sein. Depuis taie faveur j'ay senty mon cœur sain, Ma playe se reprendre et mon m^l se dissoudre.
Pouare , atomes sacrez , qui sur moy voletoient , Où toute Cypre. Tlnde et leurs parfums estoient, Je vous sens dedans Tame , ô poudre souhaitée.
En parfumant mon chef vous avez combatu Ma douleur et mon cœur ; je faux : c'est la vertu . De ceste belle main qui vous avoit jettée.
Cet amoureux desdain, ce nenny gracieux.
Qui , refusant mon bien , me réchaufent Penvie, Par leur fiere douceur, d'assujettir ma vie Où sont desja sujets mes pensers et mes yeux,
Me font transir le cœur, quand trop impétueux A baiser vostre main le désir me convie.
Et vous , la retirant, feignez d'estre marrie , Et m'appelez , honteuse, amant présomptueux.
Mais sur tout je me plains de vos douces menaces , De vos lettres, qui sont toutes pleines d'audaces; De moy-mesme , d'Amour , de vous et de vostre art ,
Qui si doucement farde et succre sa harangue Qu|escrivant et parlant , vous n'avez trait de langue , Qui ne me soit au cœur la pointe d'un poignart.