DES SONNETS
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P. DE R O N S A R'D
Commentez par Nicolas Richblit, Parisien advocat en la cour.
oit qu'un sage amoureux , ou soit qu'un sot
me lise, Il ne doit s'esbahir, voyant mon chef ^ison ,
Si je chante d'Amour : tousjours un vieil ti-
CacKe un germe de feu dessous la cendre grise. ||son Le bois verd à ^nd' peine en le souflant s'attise, Le sec sans le soulier brusie en toute saison. La Lune se gaigna d'une blanche toison, Et son vieillard Tithon l'Aurore ne mesprise. Lecteur, je ne veux estre escolier de Platon ,
}i9 Sonnets
i la verta noos presche, et ne fait pas deinesme(tf), y Yolontaire Icare ou lourdaut Phaethon , Perdus pour attenter une sottise extrême; Mais sans me contrefaire ou voleur on charton(i)y De mon gré je me noyé et me brusle moy-mesme.
Afin qu'à tout jamais (^) de siècle en siècle vive La parfaite amitié que Ronsard vous portoit, Comme vostre beauté la raison luv ostoit, Comme vous enchaisniez sa liberté captive ;
Afin que d'âge en âge à nos nepveux arrive Que toute dans mon sang vostre ngure estoit, Et que rien sinon vous mon cœur ne souhaittoit. Je vous fais un présent de ceste sempervive (a).
Elle vit longuement en sa jeune verdeur; Long temps après la mort je vous feray revivre. Tant peut le aocte soin d'un gentil serviteur,
Qui veut en vous servant toutes vertus ensuivre. Vous vivrez et croistrez comme Laure en grandeur, Au moins tant que vivront les plumes et le livre.
iii(î).
Amour, qui as ton règne en ce monde si ample, Voy ta gloire et la mienne errer en ce jardm ;
a. Var. :
Qui, pour trop contempler, a tousjours le teint blesme. h, Var. : qu^en renaissant,