‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 150 sur 227 · Var · texte numérisé non relu

Var

Trop ton, sotu Raison

I. Dans les Aaowt divènet, en ifjS, aiosi que les sdie suivants.

POUR Helekb. J29

Non la philoMphie on les loâx , an contraire ,

Je veux ce deax-fois-oair,. ce Tbebain, ce bon-père,

Leauel me servira d'une contre-poison.

Il ne faut qu'un mortel tm immortel assaille ; Mais, si je preiis un jour cet Indien pour moy, Amour, tant sois-tufort, tu perdras la bataille ,

Ayant ensemble un homme et un Dieu contre toy. La Raison contre Amour ne peut chose qui vaille : llfaut contre un grand prince opposer un grand roy.

Cusin,monstreàdoubleaile, au mufle elephantiD(i). Canal à tirer sang, qui , voletant en presse , Sifles d'un son aigu, ne piciiue ma maistresse, Et la laisse dormir du soir jusqu'au matin.

Si ton corps d'un atome et ton nez de mastin Cherche tant à picquer la peau d'une déesse , En lieu d'elle , Cusin, la mieUne je te laisse ; Que mon sang et ma peau te soient comme un butin.

Cusin , je m'en desdy : hume-moy de la belle Le sang, et m'en apporte une goutte nouvelle Pour gouster ouel il est. Hà I que le sort faial

Ne permet à mon corps de prendre ion essence !

Repiquant ses beaux yeux, elle auroit cognoissance

Qu un rien qu'on ne voit point fait souvent un grand

[mai (a).

Aller en marchandise aux Indes précieuses, Sans acheter ny or, ny parfum, nv joyaux; Hanter sans avoir soif les sources et les eaux,

a. Var. :

Ne permet à mon carps que le lien il peut tilrt ! Boivant son lUde sang, je tuy ferais togitoistre Qu'un petit ennemy fait souvent un grand mal. t. Moucheron qui bruii ou vole, toiu ksjerieidc Vesti- (R.) Nousdiiions aujoutd'tiui cousia.

)}0 SONUBTS

Fréquenter sans bOnonets les fleurs ddtdeases;

Conrtiser et cbercner les dames amoiirenses , Estre totts[ottrs assise au milieu des dIus beaux , Et ne sentir d'amour ny flèches ny flambeaux^ Ma dame, croyez~moy, sont choses monstrueuses.

C'est se tromper soy-mesme ; aussi toujours j'ay cr Qu'on pouvoit s'eschaufer en s'approchant du feu , ETqu'en prenant la glace et la neige on se gelle.

Puis il est impossible, estant si )eune et belle, (^e vostre cœur gentil a'amour ne soit e

esmeu

Sinon d'un grand wasier, «m moins d'une estinceUc.

Amour -je pren congé de ta menteuse escote , Où j'ay perdu Tesprit, l'a raison et ie^êns^, Où je me suis trompé, où j'ay gasté^mes ans.

Où j'ay mal employé ma -jeunesse trop lélle.

Mal-heureux qui se fie en un ehfont qui vole^ Qui a l'esprit soudain , les eflects inconstans , Qui moissonne nos fleurs avant nostre printans , Qui nous paist de créance et d'un songe frivole.

Jeunesse l'allaicta, le sang chaud le nourrit, Guider l'ensorcela. Paresse le pourrit.

Tout enflé de desseins , de vents et de fumées (a},

Ousandre nte ravit. Marie me tint pris^ Ja grison à la Cour d une autre je m'espris.

Si elles m'ont aimé , je les ai hitn aimées (&).

Le nfols d^aoust bouifloniioit' d'une âuQeurespiise, Quand j'allay voir ma dame assise auprès du feu ;

a. Var. :

Entre les voluptez vaines comme' fumies,

b, Var. :

Le fin 4*4imimr resùmUe aaXtpaHUs^Uamles,

POUR HE^Lfi^E. Î'JI

Son habit est<Ht gris, duquel je me despieu, La voyant tout^ paste en'Uhe robbe grise.

Que/olajgneZ'VQus , disoy-je, en une chaipe assise? Je tremble, et la chaleur reschauffer ne m'a,(>èU^ Tout le corps me fait ii^il, et vivre je n'a]^ peu Saine depuis six ans (4), tant Teanuy 4ne tient prise.

Si Testé, la jeunesse eiM chaud n*ont pouvoir D*eschaufer vostre sang, oopment pourroy-je voir Sortir un feu' d'une ame en ^ace convertie.^

Mais , Gorps , ayant souci d^ me voir en esmoy, Serois-^tu.pomt malade en langp}«ur comme moy, Tirant à toy mon mal par une synoipa^thie?

Au milieu de la guerre, en un ufh slë^te sans foy, Entre mille procez. est-ce pas grandie D'escrire de Pamour? De manotes on lie

Des fols qui ne sont pas si furieux que moy.

Qui me rends fol , enfant, et sans ^y eux comme toy.

yoir perdre mon pays , 4)roye des adversaires, Voir en nos estendards-Ies fleurs de Hz contrairç^ Voir une Thebaïde.(a), et faire l'amoureux î

Je m'en vais au, palais; adieu, vieilles sorcières. Muses, je prends mon sac : je seray plus heureux En gaignant mes procez qu'en suivant vos rivières (f ).

a, Var. :

Saine commt j*'€Sl9Îs. . . . . ^ . . %

1. Les anciens^ pbUrmonstrer ces furieuses passions des amoureux , ont femt qu'Amour avoit aimé une Furie. (R.)

2. Une guerre de frère à frère, comme celle des enfants d'Œdipe devant Thèbes.

). Qu'elles aiment, comme aussi tous lieux reclus et flolitaires. (R.)

})2 Sonnets

Le juge m'a trompé; ma maistresse m'enserre Si fort en sa pnson que j'en suis tout transi ; La guerre est â mon hujs. Pour charmer mon souci, Paffe , verse à longs traits du vin dedans mon verre.

Au vent aille l'amour, le procez et la guerre y Et la melancholie au sang froid et noirci.

Adieu, rides, adieu; je ne yy plus aûnsi :

Vivre sans volupté . c'est vivre sous la terre.

La nature nous aonne assez d'autres malheurs Sans nous en acquérir. Nud je vins en ce monde. Et nud je m'en iray. Que me servent les pleurs ,

Sinon de m'attrister d'une angoisse protonde ? Chasson avec le vin le soin et les malheurs ; Je combats les soucis quand le vin me seconde.

xxvin.

La peine me contente, et prens en patience La douleur que je sens , puis qu'il vous plaist ainsi, Et que daignez avoir souci de mon souci Et prendre par mon mal du vostre expérience.

Je nouriray mon feu d'une douce espérance , Puis que vostre desdain vers moy s'est adouci. Pour résister au mal mon coeiir s'est endurci , Tant la force d'amour me donne d'asseurance.

Aussi , quand je voudrois, je ne pourrois celer Le feu dont vos beaux yeux me forcent de brusler. Je suis soulfre et salpestre , et vous n'estes que glace.

De parole et d'escrit je monstre ma langueur; La passion du cœur m'apparoist sur la face; La face ne ment point, c'est le miroer du cœur.

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