XLI
D'une belle Marie en. une autre Marie , Belleau , je suis tombé , et dire ne te puis De laquelle des deux plus amoureux je suis, '' ' Car j'en aime bien Tune , et l'autre est bien jn'amle. '
Plus mon affection en amour est demie, Et plus ceste moitié me consomme d'ennuis :
Car au lieu d'une à' part , deux au coup j'en poursuis, Et, pour en ainwr tine, une -autre je n^ublie.
Or tousjours l'amitié plusest enracinée , Plus long-temp^ ^(« est ferme, et plus est obstinée A sou^rirde ramour 4'èrage véhément^:
Hé ! sçais-tu pas, Belleau, que deux ancres jettées,
?uand les vents ont plus fort leS bndes aeitées , fennent mieux une nef qu'une ancre seulement ?
XLII(i.s6o).
f^ uand je serais un Turc, un Arabe, ou un Scythe, ^S^Pauvre, captif, malade, et d'honneur dévestu, Laid, vieillard, impotent, encor' ne devrois4u Estre, comme tu es, envers moy si dépite.
Je suis bien asseuré que mon cœur ne mérite D'aimer en si bon lieu, mais ta seule vertu Me force de ce faire; «t plus je suis batu De ta fiere rigueur, plus ta beauté m'incite.
Si tu penses trouver un serviteur qui soit Digne de ta beauté , ton penser te déçoit, Car un dieu (tant s'en-faut un homme) n'en est digne.
Si tu veux donc aimer, il faut changer de cœur : Ne sçais-tu que Venus (>) (bien qu'elte fust divine) Jadis pour son amy choisit bien un pasteur?