I . C'est une imitation de Pétrarque
Non sa com' amor sana , et com' andde , Chî non sa come dolce ella sospifa , E come dolce parla , e dolce vide.
24 Amours.
Sans Toûir^ dy-je , Amour mesme enchanter.
Doucement rire et doucement chanter, Et moy mourir doucement auprès d'elle.
Contre mon gré , l'attrait de tes beaux yeux Donte mon cœur; mais quand je te veux dire Quelle est ma mort , tu ne t'en fais que rire , Et de mon mal tu as le cœur joyeux.
Puis Qu'en t'aimant je ne puis avoir mieux , Souffre au moins que pour toy je souspire; Assez et trop ton bel œil me martyre , Sans te mocquer de mon mal soucieux.
Mocquer mon mal, rire de ma douleur, Par un desdain redoubler mon malheur.
Haïr qui t'aime et vivre de ses plaintes ,
Rompre ta foy, manquer de ton devoir.
Cela , cruelle , hé ! n'est-ce pas avoir Les mains de sang et d'homicide teintes ?
Ah! seigneur Dieu ! que de grâces édoses Dans le jardin de ce sein verdelet Enflent le rond de deux gazons de lait Où des Amours les flesches sont encloses !
Je me transforme en cent métamorphoses Quand je te voy, petit mont jumelet, Ains du printemps un rosier nouvelet, Qui le matin caresse de ses roses.
S' Europe avoit l'estomach aussi beau , De t'estre fait , Jupiter, un taureau Je te pardonne. Eh! que ne suis-je puce?
La baisottant, tous les jours je mordrois Ses beaux tetins ; mais la nuit je voudrois Que rechanger en homme je me pusse {a),
a Var. :
Rusij tu pris le masque du taureau,
Premier Livre. 25
fj uand au matin ma déesse s'habille ^'^^D'un riche or crespe ombrageant ses talons' , Et que les rets de ses beaux cheveux blons En cent façons en-onde et entortille ,
J e Faccompare à Tescumiere fille Qui or' pijgnant les siens jaunement Ions, Or' les fnzant en mille crespillons , Nageoit à bord dedans une coquille.
De femme humaine encore ne sont pas(i; Son ris , son front, ses gestes ne ses pas .
Ne de ses yeux Tune et l'autre estincelle.
Rocs , eaux ne bois ne logent point en eux Nymphe qui ait si follastres cheveux , Ny l'œil si beau , ny la bouche si belle.
Avec les lis les œillets mesliez N'égalent point le pourpre de sa face ; Ny l'or filé ses cheveux ne surpasse , Ores tressez et ores desliez.
De ses couraux en voûte repliez Naist le doux ris qui mes soucis efface ; Et çà et là , partout où elle passe , Un pré de fleurs s'émaille sous ses piez (').
Bon Jupiter, pour traverser Us ondes.
Le ciel n'est dit parfait pour sa grandeur; Luj et ce sein le sont pour leur rondeur :
Car le parfait consiste en choses rondes.
1 . Telle est la fin d'un sonnet italien fait par Leiio Capiiupi.
Di môrtal donna non son l'auree e bionde , etc.