La barque de Cattn
De tes beaux yeux allège mon souci , Et par pitié retiens encore ici Ce pauvre amant qu*Amour souIe de vivre (a).
Ja desja Mars ma trompe avoit choisie , Et dans mes vers ja Francus devisoit; Sur ma fureur ja sa lance aiguisoit, Espoinçonnant ma brave poésie ;
Ja d'une horreur la Gaule estoit saisie, Et sous le fer ja Seine tre-luisoit , Et ja Francus à son bord conduisoit Les os d'Hector forbannis de TAsie ,
Quand TArcherot emplumé par le dos , D'un trait certain me ptayant )usau'à l'os , De sa grandeur le saint prestre m ordonne.
Armes, adieu. Le myrte paphien Ne cède point au laurier delphien .
Quand de sa main Amour mesme le donne.
fj ue n'ay-je , Dame ^ en escrivant . la grâce ^^^Divine autant que j'ay la volonté ?
Par mes escrits tu serois surmonté , Vieil enchanteur des vieux rochers de Thrace.
Plus haut encçre que Pindare et qu'Horace , J'appenderois à ta divinité Un livre enflé de telle gravité Que du Bellay luy quitteroit la place.
a. Var. :
GvMrf mon mal, ton art fais-moy cognmtn.
Pris dHion tu blessas Apollon ; J'ay dans le cœur senti mesme aigaillon ; Ne blesse plus l'icholicr et le maistre.
Premier Livre. 43
Si vive encor Laurc(i) par l'univers Ne fiiit volant dessus les tnusques (3) vers y Que nostre siècle heureusement estime .
uomme ton nom , honneur des vers françois , Victorieux des peuples et des rois , S'en-voleroit sus Taile de ma ryme.
Du tout changé , ma Circe enchanteresse ^ Dedans ses fers m'enferre emprisonné , Non par le ^oust d'un vin empoisonné , Non par le )us d'une herbe pécheresse.
Du fin Grégeois l'espée vangeresse , Et le Moly, par Mercure ordonné , En peu de temps, du breuvage donné Forcèrent bien la force charmeresse :
Si <{u'à la fin le duliche troupeau (0 Reprit l'honneur de sa première peau , Et sa prudence auparavant peu caute.
Mais , pour mon sens remettre en mon cerveau , II me fauaroit un Astolphe nouveau (4), Tant ma raison s'aveugle de ma faute.
Les Elemens et les Astres, à preuve (5), Ont façonné les rais de mon soleil , Je dis son œil , en beauté nom pareil , Qui ci ne là son parangon ne treuve.