‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 81 sur 227 · ELEGIE A MURET · texte numérisé non relu

ELEGIE A MURET

Non, Muret, non, ce n'est pas du jourd'huy Que i'Archerot qui cause nostre ennuy CauseTerreur qui retrompe les hommes.

Non, Muret, non, les premiers nous ne sommes, A qui son arc, d'un petit trait vainqueur.

Si grande playe a caché sous le cœur :

Tous animaux, ou soient ceux des campagnes.

Soient ceux des bois , ou soient ceux des montagnes, Sentent sa force , et son feu doux-amer Bnisle sous l'eau les monstres de la mer.

Hé qu'est-il rien que ce ffarçon ne brûle ?

Ce porte-ciel , ce tû-geans Hercule Le sentit bien , je dy ce fort Thebain Qui le sanglier estrangla de sa main ,

Sui tua Nesse. et qui de sa massue [orts abbatit les enfans de la nue ; Qui de son arc toute Leme estonna , Qui des enfers le chien emprisonna.

Qui sur le bord de l'eau Thermodontée Pnnt le baudrier de la vierge dontée ; Qui tua l'Ouraue , et qui par plusieurs fois Se remocqua des feintes d Achelois ; Qui fit mourir la pucelle de Phorce, Qui le lion desmachoira par force , Qui dans ses bras Antee accravanta , Et qui deux mons pour ses maraues planta.

Bref, ce héros correcteur de ta terre, Ce cœur sans peur, ce foudre de la guerre , Sentit Amour, et l'amoureuse ardeur Le matta plus que son roy commandeur (i), Non pas espris comme on nous voit esprendre , Toy oie ta Janne, ou moy de ma Cassandre ; Mais de tel tan Amour l'aiguillonnoit,

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