ELEGIE A MURET
Non, Muret, non, ce n'est pas du jourd'huy Que i'Archerot qui cause nostre ennuy CauseTerreur qui retrompe les hommes.
Non, Muret, non, les premiers nous ne sommes, A qui son arc, d'un petit trait vainqueur.
Si grande playe a caché sous le cœur :
Tous animaux, ou soient ceux des campagnes.
Soient ceux des bois , ou soient ceux des montagnes, Sentent sa force , et son feu doux-amer Bnisle sous l'eau les monstres de la mer.
Hé qu'est-il rien que ce ffarçon ne brûle ?
Ce porte-ciel , ce tû-geans Hercule Le sentit bien , je dy ce fort Thebain Qui le sanglier estrangla de sa main ,
Sui tua Nesse. et qui de sa massue [orts abbatit les enfans de la nue ; Qui de son arc toute Leme estonna , Qui des enfers le chien emprisonna.
Qui sur le bord de l'eau Thermodontée Pnnt le baudrier de la vierge dontée ; Qui tua l'Ouraue , et qui par plusieurs fois Se remocqua des feintes d Achelois ; Qui fit mourir la pucelle de Phorce, Qui le lion desmachoira par force , Qui dans ses bras Antee accravanta , Et qui deux mons pour ses maraues planta.
Bref, ce héros correcteur de ta terre, Ce cœur sans peur, ce foudre de la guerre , Sentit Amour, et l'amoureuse ardeur Le matta plus que son roy commandeur (i), Non pas espris comme on nous voit esprendre , Toy oie ta Janne, ou moy de ma Cassandre ; Mais de tel tan Amour l'aiguillonnoit,