‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 97 sur 227 · XLVII (I · texte numérisé non relu

XLVII (I

H à 1 que je porte et de haine et d'envie Au médecin qui vient soir et matin , Sans nul propos, tastonner le tetin , Le sein ^ le ventre et les flancs de m'amie !

Las ! il n'est pas si soigneux de sa vie Comme elle pense ; il est meschant et fin :

Cent fois le jour ne la vient voir qu'afin De voir son sein , qui d'aimer le convie.

Vous qui avez de sa fièvre le soin , Je vous supply de me chasser bien loin Ce médecin amoureux de Marie

Qui fait semblant de la venir panser.

Que pleust à Dieu , pour l'en recompenser, Qu'il eust mon mal et qu'elle fust guarie l

CHANS0N(2)

Veu que tu es plus blanche que le lis , Qui t'a rougi la lèvre vermeiilette ?

Pour l'embellir, qui est-ce qui t'a mis Dessus ton sein cette couleur rougette ?

Qui t'a noircy les arcs de tes soucis ?

Qui t'a noircy tes beaux yeux , ma maistresse ? grand beauté subjet de mes soucis !

grand beauté pleine de grand liesse 1

O douce, belle, honneste cruauté, Qui doucement me contrains de te suivre !

I . Ce sonnet est pris de la lettre qu'Acontius escrit à Cydippé en Ovide :

Me roiserum quod non medicorum jussa ministro » etc.

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