‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 98 sur 227 · Manille · texte numérisé non relu

Manille

Cum tu candida sis magis ligustro , Quis gênas minio Nea?ra tinxit?

Second Livre. 199

fiere, ingrate et fascheuse beauté, Avecques toy je veux mourir et vivre!

XLVIII(i).

Chacun qui void ma couleur triste et noire , Me dit : Ronsard , vous estes amoureux.

Mais ce bel œil qui me fait langoureux Le sçait, le void, et si ne le veut croire.

Hé ! que me sert que mon mal soit notoire A un chacun , quand son trait rigoureux , Par ne sçay quel desastre mal-heureux , Me fait la ptaye , et si la prend à gloire ?

J'ay beau pleurer, protester et jurer, J'ay beau promettre et cent fois asseurer Qu'autre jamais n'aura sur moy puissance ,

Elle s'ebat de me voir en langueur.

Et plus de moy je luy donne asseurance , Moms me veut croire, et m'appelle un moqueur.

CHANSON (^)

Çy uand je te veux raconter mes douleurs ,

^^Et de quel mal en te servant je meurs ,

Et quel venin desséche ma mouelle ,

Ma voix tremblotte et ma langue chancelle ,

Mon cœur se pasme et le sang me tressant ;

En mesme instant j'endure froid et chaut ,

Sur mes genoux se fond une gelée ,

Jusqu'aux talons une sueur salée

De tout mon corps comme un fleuve se suit ,

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