‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 99 sur 227 · Ce sonnet est tiré d'un de Pétrarque · texte numérisé non relu

Ce sonnet est tiré d'un de Pétrarque

Lasso , ch' io ardo , e altri non me'l crede , etc.

2. iraducuou a*uu w|rt^m*MM. j. m* — n. , * - •««.. mence ainsi:

Vaesanos quoties tibi furores , etc.

200 AMpU>S4 .

Et sur mes yeox sage une okscmre nuit :

Tant seulement mes bnnes aboiviantés .

Sont les tesmoins de mes fiâmes ardantes.

De mon amour et de ma foy aussy, Qui sans parler te demandent mercy.

CHANSON («)

Je suis tellement amdurenx , Qu'an vray raconter je ne puis Ny oE je suis^ «ne qui fe suis , Ny combien' je surs fiialhiatifeuicv

J'ay pour mon hosle'^ttfctet jour.

Comme un tigre, nn cmelrësmôy

?>ui va pratiquant dessus moy butes les craautez d'Amour:

Et si mon cœur ne peut scanner Contre rœtl qui le navr« à tort ^ Car, phis il me donne la mort,- Plus |e suis contraint de Taimer*

Si vous pensez que may et sa belle verdure De vostre fièvre quarte effacent la langueur, ' Vous estes bien trompée; il faut premier mpn coeur . Guarir du mal qu'il sent, duquel vous n'avez cure;

Il faut premier guarir l'ancienne pointure Que vos yeux dans le cœur me font par leur rigueur. Et en me guarissant vous reprendrez vigueur Du mal que vous souffrez et du mal que j'endure.

Le mal que vous avez ne vient d'autre raison ; Pour ce je fis à Dieu une juste oraison , Pour me venger de vous, de vous faire malade.

; Mamlle :

Lactor, dispereo, crucior, trahor hue miser atque hue, etc.

""""■*""*"<<*"""mpmiv«HHHvaiiPiP

Second Livre. aoi

Hé 1 vraiment c'est bien dit. Quoy ! voulez vous Et si ne voulez pas vostre amant secourir, [guarir, Que vous guaririez bien seulement d'une œillade !

J'ay cent fois'desiré et'cent encores d'estre Un invisible esprit, afin de me cacher Au fond de vostre cœur, pour l'humeur rechercher Qui vous fait contre moy si cruelle apparoistre.

Si j'estois dedans vous., au moins je serois maistre De l'numeur qui vous fait encontre Amour fascher, Et si n'auriez ny pouls mr nerfs dessous la chair Que prompt je ne cherchasse afin de vous cognoistre.

Je sçaurois. maugré vous et vos complexions, Toutes vos yolontez et vos conditions , Et chasserois si bien la froideur de vos veines

Que les flames d'amour vous y allumeriez ; Puis, quand je les verrôis de son feu toutes pleines, Je redeviendrois homme, et lors vous m'aimeriez.

Tu as beau, Jupiter, l'air de flames dissoudre Et faire galloper tes haut-tonnans chevaux , Ronflans à loncs esdairs par le creux des nuaux, Et en cent mille esclats coup sur coup les descoudre.

Ce n'est pas moy qui crains tes esdairs ny ta foudre, Comme les cœurs peureux des autres animaux :

Il y a trop long temps que les foudres jumeaux Des yeux de ma maistresse ont mis le mien en poudre.

Je n'ay plus ny tendons, nv artères, ny nerfs. Veines, muscles, ny pouls; les feux que j'ay soufferts Aif ccnir pour trop abner me les ont mis en cendre »:

Et je ne suis plus rien (ô estran^e meschef !)

Îu'un terme qui ne peut voir, n'ouir, ny comprendre,^ ant la foudre d'amour est cheute sur mon chef.

202 Amours.

Page 1