‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 3)Chapitre 11 sur 155 · Livre premier · texte numérisé non relu

Livre premier

Le peuple rude et fascheux à douter, Chaud a la suerre et ardant à la proye, Pour y fonder une nouvelle Troye.

Pource desloge et le fais en-aller :

Le temps perdu ne se peut r'appeHer. »

A peine eut dit, que Mercure s'appreste ; Sa capeline affubla sur sa teste, De talonniers ses talons assortit ^ D'un mandillon son espaule vestit, A frange d'or^ a mi-jambe escoulée.

Prit sa houssme à deux serpens ailée ; Puis se plongeant de son long en avant, Dedans la nue, à l'abandon du vent, Fendoit le ciel , ores planant des œsles , Ores hachant coup s\ir coup des aisselles , Ores à pointe et ores d'un long tour, Environnoit le ciel tout à Tentour ; Ainsy qu'on voit aux rives du Méandre L'oiseau de proye entre les airs se pendre, Puis s'eslancer à pointes de roideur Sur les canards hérissez de froideur.

Tremblants de voir le gerfaut qui ombrage {a) D'un corps plumeux tout le haut du rivage.

Après qu'il eut de ciel en ciel voie, Finalement de son talon ailé Se vint planter au bord d'une vallée

a, Var. :

Puis à chef bas enfonçant sa volée, Ores à poincte, ores d'un grand contour, Hachoit menu tout le. ciel d'alentour ; Ainsi qu'on voit sur les bords de Méandre L'aigle ( i)foudr'ur du haut de l'air se pendre, Puis , advisant sa.proyc entre les joncs , Canars, hérons et cygnes, aux cols longs, Rode à l'eniour, et, tournoyant, ombrage..,.

Page 1