Livre premier
Comme agités de fureur sauteloient; Autres, chargés de grands bouclers, baloient Un branle armé ; autres de voix aiguës Faisoient sonner les forests chevelues Et retentir les rives d*alentour.
Les crus vieillards d'un grand et large tour Ici dansoient à testes couronnées; Là, la jeunesse aux plaisantes années {a) De pieas , de mains et de voix respondoient , Et leurs chansons aux vieillards accordoient. Le prestre, orné d'une sotane blanche, Ceint d'une boucle au dessus de la hanche, Mitre de pin, la troupe devançoit^ Et les honneurs de Cybelle dansoit.
<c Enten du ciel tes louanges, Cybelle, Mère des dieux , jeune, ancienne et belle.
Qui as le chef de citez attourné.
Qui as ton char en triomphe tourné Par deux lions, quand toy, mère honorée.
Montes au ciel , à la voûte dorée.
Pour au milieu de tes enfans t'asseoir.
ce [Saincte qui fais une frayeur avoir Au cueur malin qui risque tes mystères, Avme-rochers , ayme-bois solitaires , Mère, déesse, ayme-bal , ayme-son De ces guerriers qui font le limaçon Autour de toy, quand , haute sur ta troupe.
Des monts troyens tu vas foulant la croupe, Pleurant Athys, ton miçnon très aimé.
Qui fut d'enfant en un pm transformé.
a. Var. :
Baloient armez une danse insensée, Et rechantant des hymnes tour à tour, Faisoient sonner les rives d*alentour.
Les bons vieillars à testes gjrisonnèes, Les jouvenceaux aux plaisantes années.
58 La Franciade.
« Tu as choindesiionimes pour compagnes, Tu as esleu les troyennes moftiaghes, Prenant plaisir, au sommet Idean, Aymant sur tous le peuple phrygian.]
« Sois nous propice, o grmde et sainte mère!
Oste nos cois de servitude amere (a), Et de captifs metfr-nous en liberté.
Assez , déesse, assez avons esté Foulez aux pieds de eesteargive audace.
Donne qu'un jour quelcun de nostre race Refonde Troye.et au'ii repousse encor JusQues au ciel le noole sang d'Hector (b).
Recionne-nous un royaume, d rassemble De toutes parts tous les Troyens ensemble.
Dessus la Grèce envoyé nos honneurs Et nous fais d'elle et an mondé seigneurs» (c).
Disant ces mots^ il redoubla la dance.
Le peuple suit le prestre à lacadance, Le temple en bruit! Gybclle, qui ouit Telle requeste, au ciel s'en rejouit.
En ce pendant, la prompte Renommée, Au front de vierge^ à reschineemplumée, Le cor en bouche, avolt jà respandu
a. Var. :
Pour aller voir tes fils et tes neveux, Et f abreuver de nectar avec eux.
Sois-nous propice, â tris-grande déesse !
Romps de tes mains Je lien qui nous presse,
b. Var. :
Refonde Troye, et rétablisse encor
Un nouveau sceptre aux reliques d'Hector.
c. Var. :
Afinqu*aymz du Dm'tn 1è plasfort, mus revivions heureux' par n(^e mort.