Il entend les Aliemans qui sont deçà et delà le Rhin
384 Lb Bocage rqya^.
Ne sçauriez estr^ un quart d'heure sans peine; Mais de plaisir il faut (qu'elle soit pleine , Entre-meslant le doux avec rameur.
Et ne laisser vostre esprit consumer Sous telle charge aucunement amère , Si le plaisir le soucy ne tempère.
Quand voirronsnous quelque toumoy novKVQau ?
Quand voirrons nous par tout Fontainebleau.
De chambre en chambre aller les mascarades ?
Quand voirrons-nous au matin les aubadei De divers luths mariez i la vois , Et les cornets, les fifres, leis hauboisi, Les tabourins, violons, espinettes,.
Sonner ensemble avecque les trompettes?
Quand voirrons-nous comme balles voler Par artifice un grand feu dedans Tair ?
Quand voirrons-nous sur le haut d'une scène Quelque Janin (^ ayant la joue ple'me Ou de farine ou d'encre , qui dira Quelque bon mot qui vous réjouira?
Quand voirrons-nous une autre Polynesse Tromper Dalinde (2) , et une jeune presse De tous costez sur les tapi3 tendus; Honnestement aux girons espandus De leur maistresse, et de douces paroUes Fléchir leurs cœurs et les rendre plus mQlks , Pour sainctement un jour les espouser, Et chastement près d^elles reposer?
C'est en ce point, Madame, qu'il faut vivre, Laissant Tennuy à qui le vouara suivre.
De vostre grâce un chacun vit en paix ; Pour le laurier Tolivier est espais Par toute France, et d'une estroite corde Avez serré les mains de la Discorde.
t. Eatcetttat farccw de son ttmps.
2. Cestoit une certaine pièce-qui fat representét d» loa tem]M.
Le Bocage royal. ^85
Morts sont ces motz, papaux et huguenots(i); Le prestre vit en tranquille repos, Le vieil soldat se tient à son mesnage, L'artisan chante en faisant son ouvrage.
Les marchez sont fréquentez des marchans, Les laboureurs sans peur sèment les champs, Le pasteur Saute auprès d'une fontaine , Le marinier par la mer se promeine Sans craindre rien : car par terre et par mer Vous avez peu toute chose calmer.
En travaillant chascun fait sa journée ; Puis, quand au ciel la lune est retournée.
Le laboureur, délivré de tout soing, Se sied à table et prend la tasse au poing.
Il vous invoque, et, remply d'allégresse , Vous sacrifie ainsi qu'à la Déesse , Verse du vin sur la place, et, aux cieux Dressant les mains et soulevant les yeux , Supplie à Dieu qu'en santé très-parfaite Viviez cent ans en la paix qu'avez faite.