LE TROISIESME LIVRE
l'obscure nuit {a), qui d'un sommeil en-
[ serre
[ Les dieux au ciel, les hommes en la terre,
L Laissant couler froidement (^) sur les yeux
Une eau puisée au fleuve stygieux, L'une sur l'autre attachoit les paupières (c), Charme trompeur des peines journalières.
Mais le dernier qui tient les yeux sillés N'alloit glissant ses présents escoulez (</)
a, Var. (i 578) : humide,
b, Var. : lentement,
c, Var. :
Des animaux engluoit les paupitres, Trompant le soin des peines,.,
d.yu,:distiUis,
142 La Franciadc,
Dessus le chef des deux sœurs esVeillées, De trop de soins amoureux travaillées (a).
Adonc Hyante à sa sœur parle ainsy :
c Mais d'où me vient, chère sœur, ce soucy (h) Que ma raison a perdu sa puissance , Que mon penser d'un autre prend naissance Sans me résoudre (c), et qu'un nouvel esmoy Me ravist toute et chasse hors de n)oy.
ge ne tien plus de mon cœur que Tescorce; edans s'y loge une puissante force Que je ne puis ny penser {d) ny nommer, Si ce n'estoit le mal qu'on dit aimer.
« Je songe assez pour les causes apprendre De mon travail, et ne les puis comprendre (e); Bref, je n'ay peu ny boire nv manger Depuis le jour que )'ay veu l'estranger. Toujours pendue en sa blonde jeunesse D'œil et d'esprit; maucré mov je confesse N'avoir jamais senty telle douleur, Qui me fait perdre et sommeil et couleur.
<x Depuis un jour je suis toute esperdue.
Me consommant comme neige fondue.
Ah ! je me meurs ! Mon mal pourtant me plaist Et ne puis dire en quelle part il est] (/).
a. Var. :
D'espoir, de crainte et d'amour travaillées.
*. var.:
D'oà vient, ma sœur, que je suis en soucy.
c. Var. : que je m'égare.
i, Var. : sçavoir.
e. Var. .
En mes discours je m'efforce à comprendre D'où vient ma peine, et si ne puis l'entendre.
f. Dei572à i584,cedébutresuleméme,sauflesqaei-