‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 3)Chapitre 64 sur 155 · I . Vers ajoutes dans l'édition de · texte numérisé non relu

I . Vers ajoutes dans l'édition de

Cache en nos cœurs ou le chaud ou la glace; Tu es douteuse , incertaine et sans foy ; Tu fais, défais , comme ii te plaist, un roy. Puis le refais , et les citez tenues Sous tyrannie eslèves dans les nues.

Tantost Tespoir, tantost la peur te suit.

Tout l'univers se comble de ton bruit , Quand le Renom aux aisles empl.umées SSrne partout TefFroy de tes armées.

Aucune fois tu flattes les humains; Aucune fois tu coules de leurs mains Un son^e vain, faute de te poursuivre, Et le vamcu vainqueur lu laisses vivre; Et le vainqueur, qui te pense souvent T^nir chez luy, ne tient rien que du vent.

Pour compaignon tu meines l'Arrogance, - Et ne sçay quelle impudente Espérance Qui, pour gaigner aucune fois le bien De ton voisin , te fait perdre le tien (•).] Le sang, la mort, la colère acharnée, Et des soldars la licence effrénée.

Et le mespris des grands dieux immortels Suivent ton char ; ce neantmoins tu es Mère des rois , des sceptres et des villes; Tu fais germer les campagnes fertiles Et foisonner les costaux de raisins , Rempart des tiens, crainte de tes voisins.

ce Devant ton char, que la Crainte environne^ Marche Enyon et la fière Bellonne, Et la Jeunesse, au sang bouillant et chaut, Et le Péril , à qui le conseil faut.

a Sans ton secours Mars ne sçauroit rien faire. Des fiers tyrans tu fus seule adversaire Lors que ta mère un harnois te dgnna.

Pource Jupin d'honneur^ çouFQnna, Et ne voulut par p^olBess<^ asséurée

Page 1