‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 3)Chapitre 66 sur 155 · Livre troisiesme. ii6r · texte numérisé non relu

Livre troisiesme. ii6r

Prime et douillet , dont le fruitier automne La peau des coings blondentent environne.

Sa taille estoit d'un prince généreux , Grande, héroïque et pareille à ces preux Jason, Thésée, et à ceux qui semée Ont en tous lieux leur vive renommée.

Sa large espaule, et sa grève et sa main.

Et le relief honneste de son sein , Estoient si beaux , si bienfaicts de nature, Qu\)n ne pourroit les tracer en peinture.

ue ces deux sœurs, par un art nompareil, Les beaux cheveux sùrmontoient le soleil ' Enlassez d'or; semblable estoit leur joue Au teint vermeil de la rose qui noiie Dedans du laict, et sortoit ae leurs ns Je ne scay quel enchanteur des esprits.

De ronds tetins , messagers de jeunesse ^ S'enfloit leur sein ; une gaiNarde presse D'amours, d'attraits, de grâces et de jeux Une embuscade avoient dans letirs cheveux.

Le doux parler en leurs bouches habite; Et l'homme aurait le courage d'un Scythe * Et seroit né des tigres et des ours Qui, les voyant, ne s^alumdit d'amours.

A tant Vesper de flammes habillée S'estoit au ciel la première esveillée.

Menant le bal des astres radieux ;

Qui çà et là sautent parmy les cieux (a)].

tf.Var. (1578):

Tous les coteaax et les bords d'alentour Ne resonnoient qu'allégresse et qu'amour.

(Editions posthumes) :

Puis, reprenant la tassé tour à tour, Remplirent l'air d'allégresse et d'amour. '

Ces seuls dutiques remplacent cinquante vcfs du teite primitif.

Ronsard» — III. 1 j

Fin» ks:Y^iK;flB^%|rt.wloit là Ym^îw, Voicy V#pi^;iç>#%upièr^,jioi»'e, ^ , ^ Mue d'amour,, <}Wn VHit-Wff. la .tfunm^ De ces deu^iSçwi^ôiivifQçiicr Je hçt.

Elle se change fp fa v]eUle,î)MStrèsse^ Qui sous HyanU^Wit^koees^

Autels ctHlieBî^ f9 ««W^P^ :??»■!. .

Tousiours au gu^el^^coutoit^de Wm L'abboy deS'Chiw.flfli.4*Hccate coi^iue

Aux carrefours. aiwnwe.»?^^*.?^^"^ ... .

Quand à troisrffOBts.afrçuse elle arnvoit.^ ^ Sidans son temple, où THprrçyr I^spivqit.

En se cottcMt 5W Je chevet (J Hppte, Luy dit ainsfr. i « D-un chesne d Erymante- Ou d'un ro<*?ri je reçïp^ 0^ la mer.

Oses-tu bit^ ta poitrme enfermer ?

As-tu succè des louves la mammeUef As-tu le cœur d'ufte tygre ççuefle,, , .

Cœur sans amour, s41B ûçacc: ny. mercy ,

Qui du Twyen n'^s prtie ay «wcy?

Pauvre Troyea i|»t a laisséj » tçrxe , Non, commeil.dU, pour les. Gaules conquerre, Mais, tout ravydu bruit de ta beauté, A de la mer vaincu Ja cruauté ■ Pour voir ta facîe , iet ,. s'il estqit possible, . Se joindre à toy d'un lien myipcible; . ^ Et toutesfois, fièrc de .son enn^X^ . .

Tu vois sa playe et te n»ocques de Juy. »

Disant ainsi , de sa belle Ceinture Du lict d'Hyante encerna la closture.

Geste ceinture cstrangero.ent pou voit, Que la nature en se jouant âyoït De sa main propreà filets d ôr tlssue , Et d'elle en don Venus l'avoitrcceue^ . .

Quand le boite^^|,LçTOÎen.ta^U(ls^.^^ ^ . j.

Que pour s^ fem^me m ciel U I espousa, . ,, . . Dont est sorty tout l'estre de ce monde : - Todt ce qui tiouè au plus profond .de 4 onde',

LlVAE.TROiSI&SJlB. l6;

Ceux qui d'im. aile-ieB Fâlr, se fomt un train-, Tout ce qui paist la tcrcd aa ^r^ sdn , Tout animal cazanier^et.ssruvsge -; Fut enfanté de ce (;rand maria^...

[En la tissure . estoiâit .ppu^traicts aviif Deux Cupidon5.L L^n xltuii nq arc dfif .

Au traict moussu, qui tire aux fantaisies, Craintes , soupçons», xancœui's.ei^ialotisies ; . . L'autre de pàune ayoit Tire décoré , Son traict estoit à la:t)oints doré, ..

Poignant, glissant, Qonti! caché dans Pâme Et verse au sang une.genttUe flime . - Qui nous chatouillent nous- £ait désirer ^

Se nostre genre entier puisse dvrer. ... :

fut Jeunesse en longs cheveux portrakcte; :

Forte , puissante ,. au gcos cœAr, la retraite Des chauds désirs;. Jeunesse qui tousjoors .

Pour compagnie ameine. les Amours.

Comme un enfant pendoit â sa mamelle Le Jeu trompeur, la Fraude, la.Cautelle, .

Les Ris, les Pleurs., les Guerres. et la Paix, Trêves , discords et accords imparfaicts , Et le Devis qui déçoit nos* courages, Voire Tesprit dé& hommes les plus sa^.] Quand la ceinturent versé sa vertu Dessus le lict, le feu qui n'avoit eu Puissance entière au cœur des Daihotselles .

Se renforça de larges estincelles, De nerfs en nerfs, d'os en os . prit vigueur, Puis tout soudain se fist roy ae leur coeur (ir). [Comme le feu caché sous les fougères Qu'au mois d'hyver les.penreusesrbergèrts D^un devanteau vont et revont soufflant

a. Var. (éd. posthumes) :

Chaudes au cœur oàh san^. komtlùnrioh Par h désir qui.iet^aiguiât^m^mt,. ^

i64 La Franciade.

Feuille sur feuille , et , largement enflant Pottlmons et gorge , a toute peine evantent ; D'un petit trac mille fiâmes s'augmentent En longue pointe; à la fin un grand feu En se suivant s'alonge peu à peu , Brûle les champs , et d'une forte vojre Jusques au ciel une fumée envoyé Trouble d'esclairs. Le feu victorieux Règne au sommet des chesnes les plus vieux.

Ainsi d'Amour les flames allumées De peu à peu dedans l'esprit semées De ces deux sœurs par un traq dévoyé Un grand brasier ont au coeur envoyée]

Incontinent que la belle journée, Chassant la nuit^ au ciel fut retournée, Le bon Troyen , larmoyant sans confort , Fait apprester les obsèques du mort

g m d un sanglier avoit l'aisne tranchée, Tque la nymphe au sein de l'edu cachée (a) Avoit enjoint de soudain enterrer, Et son esprit ne point laisser errer Dessus le corps privé de sépulture , Qu'il ne servist de malheureux augure.

L'esprit humain qui son hoste a laissé N'est pas heureux si Styx il n'a passé; L'honneur du corps dont la vie est tassée Est le sepulchre, et la terre amassée Sur le tombeau qui finit les douleurs, Et des amis les regrets et les pleurs.

Premièrement on explane une place Large en quarré de deux cents pas d'espace, Où au milieu on assemble un bûcher,

a. Var. :

// sifrappoit de rtgrti la poitrine, Se souvenant que la nymphe marine.,

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