‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 3)Chapitre 67 sur 155 · Livre TROIS lESME · texte numérisé non relu

Livre TROIS lESME

Puis sur la cymc un Kct pour le coucher.

Par les forests d'une pénible traite Va haut et bas mainte large charrette^ Qui y gémissant sous le fàix , apportoit Le bois coupé que le fer abbatoit.

Avec les coins le chesne bon à fendre Trebusche ky; on laisse là descendre Avec grand bruit de la cyme des monts Touffus jormeaux, trembles aux larges fronts. [Contre le til la mordante cognée Coup dessus coup resonne embesoignée, Et plat à terre on laisse dévaler Les gras fousteaux faciles à brûler.] Le sapin tombe, et le pin plus utile Pour voir la mer ; puis on dresse une pile Bois dessus bois, nourisson des forests; Tous les.costez sont parez de cyprès, Le bas de pin, et de chesne le faiste:

Dedans le ciel leimcher a la teste 1 [D'une autre part ses plus loyaux amis Sur les charbons des chaudrons avoient mis.

La flamme esparse autour du ventre large Fait bouillir reau; les uns prennent la charge D'oindre et laver le corps froid , triste deuil ! Autres après le couchent au cercueil, Et, souspirant, ils arrousoient leurs armes , Le corps, la bière et la terre de larmes.

Le boa Francus, pleurant et sanglotant , De son amy la teste alloit portant Melancholiquc et triste de pensées.

Les uns portoient des torches renversées, Autres chantoient les faits du demi-dieu. Mais aussitost qu'ils arrivent au lieu Où il falloit que la flame soudaine Le devorast, une tristesse humaine, Un long souspir entre-baigné de pleurs , U» triste cri , présage des malheurs ,

Venant d'une ame en longs àcmsprs attaincte.

Dedans le ciel «nraya'éa complamte.] Dessus couché., «u plns^utidn^cHnihet De ceste pile \ en larmoyant onraiet.

Le corps tout fmid , ^ce pitojrabte {a).

Tout ce qu'il èmt en sa Vic-agreable Y fut jette , aotant ou'en penmeltoit Le bien tfoyen que 1 exilagitoà. '

Franctts , qui tient une torche, fumeuse, Boute le feu ; la iamèche^goomieuse .

D'un pied tortu rampant à petit saut, En se suivant s'en-vole jusqu^en haut ; Le bois craquette , et la fiât aUimiée Tomba sous elle en cendres consjinnée, Le vent soufflant du soir, jusqu'au; matin.

Incontinent le vieil prestre M.ystin , Qui du corps mort, soigneux; avoit la garde , Lave la braise et la cendre boivarde , Choisit les os, et les enieme au sdn (Sacré tomj^au) d'un vase fait d'airain ; Puis arrousa par grand' cérémonie D'une saincte eau trois fois la compagnie ; Les derniers mots de l'obseqiie: acheva.

A-tant se teut, et le peuple s'ciwra.

Francus, qui veut sous les ombres descendre, Tond ses cbeveux , les jette sous la cendre Du tresp^é, cent fois kartebaisaiit :

« Cher çompagoon, prende mo]r ce présent, Triste tèsmoin de ma fatale perte. -»

Disant ainsy, la crache il a couverte De ses cheveux , qu'il ti¥oitautitfûis

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