Livre (^uatriesme
De bouche en bouche en versongne semée.
Je n'oseray par les danses balier; Honte et aespit retiendront mon parler, Et, par les lieux où sera l'assemblée Des jouvenceaux , j'auray Pâme troublée, Fable de tous, des tables le propos :
Et lors la terre engloutisse mes os !
[Fuyez, amours, cfelices, mignardises,
ixcgarus, attraits dont les filles sont prises I Venez, honneur, pour me servir d'escu; - Venez^ vertu , dont Amour est vaincu I] Que dis-je, helas! il n'a pas la nature D'homme meschant, et si la conjecture Ne me déçoit en voyant sa beauté.
Il n'a le cœur rempFi de cruauté.
Au fond de l'ame un rocher il ne porte> Et ce penser mon travail reconforte.
Au pis aller, c'est un plaisant malheur De secourir quelc'un en sa douleur ! »
Ainsi pensoit, d'amour toute affilée.
Francus vid bien qu'elle estoit esbranlée; Pource, en touchant son menton derechef.
Et ses genoux, l'adjura par le chef De son Hécate, hostesse familière De ses secrets , d'accorder sa prière.
Hyante son^ à par-soy longuement.
Comme un qui rêve et qui n'a sentiment, Puis en sursaut , de son destin pressée.
Se réveilla d'une longue pensée; Loin de son front la nonte s'en alla.
Et , prenant cœur, ainsin elle parla , Chaude d'amour i^\ au sang luy commande :
« Non seulement je feray ta demande, Amy Troyen , et cognoistras par moy Ces puissans rois qui sortiront de toy ; Mais , qui plus est, si tu avois envie D'avoir mon sang, mes poumons et ma vie, Mon estomac en deux je t'ouvriroîs ,
Ronsard. — III. 1^
210 Là Francude.
Et pQQr présent je te les oifrirois.
Or il te faut pqqr chose nécessaire Sçavoir devant cela que ta dois faire Afin, Troyen^ que lesi esprits d'embas, FanUum^ vains, ne t'espouvantentpas.
Et Que ton :a9ie en rien ne soit atteinte , En les vovant» de frawvr et de crainte.
Sortons <ricy, à ht de te moostrer Où les esprits te tiendront rencontrer.
« Lève les yeux, et regarde à main destre; Voy ce vallon tout désert et champestre.
Là tu viendras après trois jours, au soir^^ Quand le soleil en J'eau se laisse choir.
Je m'en iray par monts et par valées, Par les forests^ par les eaux reculées, Trois jours entiers y loin du regard humain, Couper à jeun , d'une serpe d'airain , Herbes et âenrs, bois, racines^ et plantes.
Puis, invoquait les deitez puissantes, Pluton, Cerbère, Hécate et tous les dieux
?ni sont seicneurs des niâsofrs stygieux, rois jours finis , au soir, sur la vesprèe, Dans le vallon, en la place montrée , J'apparoistrav. Sois diligent et caut.
A préparer de ta part ce qu'il faut.
« Fremierement, arreste en ta mémoire De ne yenir sans mainte brebis noire
?iii soit stérile; aihetne à noire peau aches et porcs les pins grands, ou troupeau.
Ta robbe soit de cotileur noire et veuve; Lave ton corps dans le. courant jd'un ieuve Par trois matins, et trois fois^ en priant , Et l'Occident regarde et POnent.
c De masle encens et de souffre qui fume Puant au nez tout le corps le parfume; Ayes le chef de pavot <:ouronne , Et towt le corps de v^rvenc.entourné ; Masche du $el , .et pour quelque, lumière