‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 4)Chapitre 20 sur 127 · I. Paris, G. Buon, i$6o. Quatre volumes in*i6carré · texte numérisé non relu

I. Paris, G. Buon, i$6o. Quatre volumes in*i6carré

succéda Charles IX, àsé de dix ans. Cet enfant couronné, au corps débile, au tempérament irritable et nerveux, mais à rame rêveuse et poétique; cet esprit concentré c^ui étouffait sous la main de sa mère, et s'éteignit phthisique à vingtH)uatre ans; Charles IX, au nom de qui furent commis tant de crimes, avait pris Ronsard en une vive affection. Il lui avait donné un logement dans son palais; il ne pouvait s'en séparer même dans ses voyages, lui écrivait souvent, lui adressait des vers remarquables dont quelques-uns ont été conservés; et, ({uoiqu'il dit en riant qu'un bon poète ne se doit pas plus engraisser qu'un bon cheval y il lui accorda des pensions, des bénéfices, tels que l'abbaye de Bellozanne, celle de Beaulieu, celle de Croixval et plusieurs prieurés. Il poussa même ses témoignages d'amitié pour le poète jusqu'à aller, avec la Reine sa mère, et ses deux frères Henr]r et François (Henry III et le duc d'Anjou), lui faire une visite à son prieuré de Saint-Cosme. Le fait est attesté par les sonnets que Ronsard leur adressa en cette circonstance et qui se trouvent parmi les sonnets à diverses personnes. Ç)

On raconte qu'un jour se rendant au palais pour la vérification de quelques nouveaux édits, le Roi aperçut Ronsard dans la Grand' Salle, au milieu de la foule. Il l'appela, et lui fit fendre la presse en disant tout haut : « Viens, mon cher poète, viens t'asseoir avec moi sur mon trône ropl! » (*)

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