‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 4)Chapitre 21 sur 127 · a quelque lieu de révoquer en doute l'exactitude · texte numérisé non relu

a quelque lieu de révoquer en doute l'exactitude

30 Vie

Ronsard refusa cet insigne honneur; mais sa gloire s'en accrut encore. Cette amitié de Charles IX alla jusqu'à exciter le poète à écrire des satires , sans ménagement pour personne , sans respecter même la majesté royale. C'est à cette invitation qu'on doit la Dryade violée y où il reproche au Roi d'avoir fait vendre les chênes séculaires de la forêt de Gastine :

Quiconque aura premier, etc. (t. IV, p. 347).

Binet cite encore celle qui commence ainsi :

Il me desplait de voir un si grand Roy de France,

que je n'^i pu retrouver et une autre dont le premier vers est :

Roy le meilleur des Roys.

L'Estoile l'avait conservée et je l'ai insérée dans les Œuvres inédites de Ronsard. (») Binet parle enfin d'une dernière satire qu'il appelle : La Truelle Crossée^ où « il blasme le Roy de ce que » les bénéfices se donnoient à des maçons et » autres plus viles personnes, taxant particu- » lièrement un De Lorme, architecte des Tuil- » leries, qui avoit obtenu l'abbaye de Livry, et » du ciuel se trouve un livre non impertinent de » l'arcnitecture. (*) Et ne sera hors ae propos de

du récit, Tétiquettc de ces assemblées s'opposant formellement à une pareille proposition.

1. Paris, Aubry, i8jj, in-8'. Elle se retrouve dans ce volume.

2. Je crois avoir retrouvé la Truelle Crossée. C'est un sonnet satirique inséré page 139 de ce volume.

DE Ronsard. ^i

» remarquer icy la mal-vueillance de cest abbé^ » oui par vengeance fit un jour fermer l'entrée » aes Tuilleriesà Ronsard, qui suivoit la Royne- » mère; mais Ronsard, c^ui estoit assez mordant » quand il vouloit, à l'instant crayonna sur la » porte, que le sieur de Sarlan luy fit aussi tost » ouvrir, ces mots en lettres capitales : Fort. » REVERENT. HABE. Au rctour, la Rovnc voyant » cest escrit, en présence de doctes nommes et » de l'abbé de Livry mesmes, voulut sçavoir » que c'estoit. Ronsard en fut l'interprète, après » que de Lorme se fut plaint que cest escrit le » taxoit; car Ronsard luy dit par une douce iro- » nie : « Prenez ceste inscription pour vous, la » lisant enfrançois; mais elle vous convient encor » mieux en latm, car elle contient les premiers » mots racourcis d'un epigramme latin d'Ausone : i^Fortunam reverenter habe, ce qui veut dire » apprenez à respecter vostre première et vile » fortune, et ne fermez la porte aux Muses. » La » Royne ayda Ronsard à se venger; car elle » tança aigrement l'abbé de Livry, après quelque » risée, et dit tout haut, que les Tuilleries estoient y> dédiées aux Muses. »

Ce n'est pas la seule occasion où Catherine de Médicis se montra la protectrice du poète ; car lorsque cédant encore aux invitations du Roy, ^ui lui demandait des satires, il écrivit son Discours des misères de ce temps ('), elle et Charles IX lui en firent des remerciements publics.

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