DE FEU MONSIEUR DE RONSARD
SONNET
Afin de tesmoigner à la postérité Que je fus en mon temps partisan de ta gloire, Maigri ces ignorans de qui la bouche noire Blasphème impudemment contre ta Deïté;
Je vien renare à ton nom ce qu'il a mérité^ Belle ame de Ronsard, dont la saincte mémoire Obtenant sur le temps une heureuse victoire Ne bornera son cours que de l'éternité; Attendant que le ciel mes desseins favorise,
Sue je te puisse voir dans les plaines d'Elyse, ë t' ayant jamais veu qu'en tes doctes escfits. Belle ame, qu'Apollon ses faveurs me refuse^ Si, marchant sur les pas des plus rares esprits, Je n'adore tousjours les fureurs de ta Muse.
Guillaume Colletet,
Parisien.