‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 115 sur 216 · Livre second. iSi · texte numérisé non relu

Livre second. iSi

LE HOUS.

A JEAN B RINON , Conseiller en Parlement.

Les uns chanteront le fresne Bon à la guerre, ou le chesne Qui fut jadis es forests Le vieil oracle des Grecs; Les autres l'olive pale, Ou le laurier jui s'égale, Maugré le froid Aquilon, Aux beaux cheveux d'Apollon ; Les autres la palme heureuse, Les uns la fueille amoureuse Du myrte, qui doit un jour M'etemizer par l'amour

Sue la Cyprine m'inspire; iis moy, sans plus le veux dire En ces vers, d'un style dous.

Le nouueau blason d'un Hous; Non de ces Hous solitaires Batus des vents ordinaires Sur les monts Caucaseans, Ou sur les monts Ripheans, Ou sur la rive Scythique; Mais bien un Hous domestique, Qui pare en toute saison Le jardin et la maison De Brinon, qui dés enfance Mena les Muses en France,

liz Les Poèmes.

Et les osant devancer, Premier les mena dancer.

Mais en chose si petite Il ne faut pas que j'invite Les Muses; à ceste fois, Vous, Nymphes, Thonnenr des bois, Sans autre force plus grande Direz ce que je demande.

Le Hous une Nymphe estoit, Qui par les forests portoit L/irc de Diane pucelle; Et Teust-on prise pour elle.

Sinon qu'elle n'avoit pas Ny les brodequins si bas, Ny semblable souquenie^ Car Tune ondoyoit garnie De franges d'or recamé, Et l'autre de fil tramé, Au reste en beauté pareilles.

Sur les espaules vermeilles Ores son cheveu mouvant Servoit de jouet au vent (Aise d'empestrer ses ailes Dedans des tresses si belles), Ores en mille plis joint Au costé n'empeschoit point D'une flotante secousse Ny sa trompe, nv sa trousse.

Il faisoit chauci, et Phœbus De ses rayons plus ai^s Recuisoit jusqu'à la lie Des ondes l'humeur tarie.

Quand le Hous pour éviter L/ardent Chien ae Jupiter, Se cacha dedans un antre Où jamais le soleil n'entre.

Devant cet antre pendoit Un vieil cep, qui espandoit

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