I. Dieux des bois et des champs
192 Les Poèmes.
Angles, lignes et poincts sur une carte mettre; Puis arrivant ton âge au terme de vingt ans, Tes esprits courageux ne furent pas contens Sans doctement conjoindre avecques la peinture L'art de mathématique et de Tarchitecture, Où tu es tellement avec honneur monté, Que le siècle ancien est par toy surmonté.
Car bien que tu sois noble et de mœurs et de race. Bien que dés le berceau l'abondance te face, Sans en chercher ailleurs, riche en bien temporel. Toutefois si as-tu suivi ton naturel ; Et tes premiers regens n'ont jamais peu distraire Ton cœur de ton mstinct pour suivre le contraire.
On a beau d'une perche appuyer les grands bras D'un arbre qui se plie, il tend tousjours en bas : La nature ne veut en rien estre forcée.
Mais suivre le destin duquel elle est poussée.
Jadis, le Roy François, des lettres amateur, De ton divin esprit premier admirateur.
T'aima par dessus tous. Ce ne fut en son âge Peu d'honneur d'estre aimé d'un si grand personnage. Qui soudain cognoissoit le vice et la vertu.
Quelque déguisement dont l'homme fust vestu.
Henry, qui après luy tint le sceptre de France, Ayant ae ta valeur parfaite cognoissance.
Honora ton sçavoir, si bien que ce grand Roy Ne vouloit escouter un autre homme que toy.
Soit disnant et soupant, et te donna la charge De son Louvre enrichy d'édifice plus large.
Ouvrage somptueux, à fin d'estre montré Un Roy tres-magnifique en t' ayant rencontré.
Il me souvient un jour que ce Prince à la table Parlant de ta vertu, comme chose admirable, Disoit : « que tu avois de toy-mesmes appris. Et que sur tous aussi tu emportois le prisj Comme a fait mon Ronsard, qui à la poésie, Maugré tous ses parens, a mis sa fantaisie. » Et pour cela tu fis engraver sur le haut