‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 130 sur 216 · EXHORTATION · texte numérisé non relu

EXHORTATION

AU CAMP DU ROY HENRY II POUR BIEN COMBATTRE LE JOUR DE LA BATAILLE. (*)

L'heure que vous avez si longtemps attendue, (*) Maintenant (ô soldats) en vos mains s'est rendue. Il ne faut plus courir pour voir les ennemis ; Auprès de vostre camp leurs tentes ils ont mis, Si tien qu'on voit ensemble en la mesme campagne Et les forces de France, et les force* d'Espagne S'appeller au combat, et attendre des cieux Lequel d'un si beau camp sera victorieux.

Dieu qui tient maintenant le partv de la France, Punira Œspagnol de son outrecuyaance (a) EVr'envoyra sur luy le malheureux destin

8ui défit nostre armée aux murs de Sainct Quentin, e luy suffisoit-il d'avoir perdu la ville De Guines, de Calais, Hammes, et Thionville, (')

a. Var. :

Du soldat ennemy punira l'arrogance,

1 . Imprimé pour la première fois à Paris^ chez A. Wechel, I5j8, 8 pages in-4°.

2. Il exhorte l'armée du Roy à combattre valeureusement à une bataille que l'on alloit donner à Philippes II d'Espagne.

3. Et toute la comté d'Oye que Monsieur de Guise prit en peu de jours, revenant de secourir Rome contre le duc d'Albe, lieutenant de l'Empereur, après la malheureuse journée de Sainct Quentin, autrement diae de Sainct Laurens.

2o6 Les Poèmes.

Sans vouloir derechef retomber en vos mains Pour estre à la mercy de nos Princes Lorrains, (*) Ainçois de nostre Roy ("), qui luy-mesme.en personne Veut les armes au pomg défendre sa couronne?

Vous, Princes et Seigneurs, monstrez-vous diligens A ranger bien en ordre et vous et tous vos gens ;

Sue la noble vertu de vostre race antique ê soit point démentie en cet honneur oellique ; Mais comme grands seigneurs et les premiers du sang, En défiant la mort, tenez le premier rang, Et par vostre vertu (qu'on ne sçauroit abbatre) Monstrez à vos soldats le chemin de combatre.

Vous gendarmes, serrez la cuisse en vos arsons, Brisez-moy vostre lance en cent mille tronsons. Prenez le coutelas et la pesante mace.

Et de vos ennemis pavez toute la place.

Le pied de vos i^ussins marche sur les monceaux Des Bourguignons occis, la proye das corbeanx. Et qui sans recevoir T honneur ae sepuKure Aux mastins et aux loups serviront de pasture. (a)

Sus donc poussez dedans, et de vos gros plastrons, De vos chevaux bardez, forcez les escadrons Des Flamans ennemis, qui vous faisant outrage. De vos premiers ayeux occupent Pheritage ; Car Flandres, et Holande, et Brabant, et Artois, (*) Jadis obeïssoient aux sceptres de nos Rois.

Et vous, jeunes soldats, à qui la barbe encore , D*un petit poil doré tout le menton décore,

a, Var. (Édit. posth.) :

Des ennemis occis, dont les larges ruisseaux De sang puisse engraisser la plaine fromenteuse. Pour n estre au laboureur stérile ny menteuse,

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