A JEAN DE MOREL
Gentil-homme ambranois de la maison de la Royne, mère du Roy. (*)
/^ and le fameux Jason et la fleur de la Grèce ^^^Portant leur mère au dos (*) surmontèrent la presse De rardente Libye, et à force de bras La poussèrent au lac qui surnomma Pallas ; (') Triton le Dieu de Teau découvrant jusqu'aux costes Son beau corps monstrueux, pour caresser ses hostes, Leur donna le présent le premier qu'il trouva ; Ce fut un verd gazon de terre qu'il leva En haste Tarracnant de son rivage mesme.
Et le mit en la main de l'Argonaute Eupheme, Qui joyeux le receut, bien qu'il ne pensast pas Que ceste motte fust (comme c'estoit) grand cas.
Or la nuict il songea qu'une douce rousée De laict avoit par tout ceste motte arrousée, Qu'il tenoit chèrement embrassée en son sein, Et qu'elle se changeoit en fille sous sa main. Et que luy tout ardant de la grand' beauté d'elle Accolloit par amour ceste jeune pucelle,
gui sembloit dans le lict piteusement crier omme une de quinze ans que l'on va marier.
Eupheme à son réveil ne perdit la mémoire Du songe merveilleux qu'il n'a voit osé croire Devant qu'il app'ellast à son conseil Jason,
1 . Dédicace quHl avoit faite de quelques sonnets amoureux au sieur de Morel, gentilhomme ambrunois.