‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 150 sur 216 · Livre second · texte numérisé non relu

Livre second

Laquelle n'oubliant sa naissance première, Hante encor auiourd'huy la rive fontainiere, Et tousjours prés des eaux apparoist au printemps, Mais non plus que son maistre en fleur ne vit longtemps, (â) [ J*ay chante, Charbonnier, dessus les bords de Seine En ton los ce Narssis, son ombre et sa fontaine, Comme pour Pavant-jeu de plus haute chanson Que desja je f appreste et à ton d'Avanson, Ams au mien d Avanson, à qui ma poésie Doit la plus grande part, s'elle vit de sa vie; Car luy sage et courtois assez longtemps davant Que ma baraue eust trouvé en ma faveur le vent, Avecques L'Hospital me donna bon courage A grands coups d*aviron ramer contre Forage Et de gaigner le port, où maintenant sauvé Tout au plus haut du mast je leur pends eslevé Un vœu que je leur fis : ma robe despouillée. Des flots de la tempeste encor toute mouillée. ] (*)

a. Var. :

Que le vent qui tout soafle abat en peu de temps.

I . Ces quatorze derniers vers, supprimés dans toutes ] litres éditions, ont été remplacés dans celle de 1584 p

Aux arbres la nature a permis longue vie :

Geste fleur du matin ou du soir est ravie.

Ainsi l'ordre le veut et la nécessité,

Oui dés le premier jour de la nativité

Allonge ou raccourcit nos fuseaux, et nous donne,

Non ce que nous voulons, mais cela qu'elle ordonne.

246 Les POBMBS.

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