PROMESSE
C'estoit au poinct du jour que les ^tigts certains Ne deçoivcat l'esprit ny les yeux des humains; Mais comme du^haut ciel prophètes véritables Viennent maintenant vrais, maintenant vraisettiblâbles,(<i) Et sans tromper nos sens par une vanité, Dessous un voile obscur monstrent la vérité.
Ainsi que je dormois donnant repos à Tame, En songe m'apparut Timage d'une dame.
Qui monstroit a son port n'éstre point oe bas lieu, Ams sembloit, à la voir, sœur ou femme d'un Dieu.
Ses cheveux estoient beaux, et les traits de sa face Monstroient diversement je ne sçay quelle grâce Qui dontoit les plus fiers, et d'un tour de ses yeux Eûst appaisé la mer et serené les cieux.
Elle portoit au front une majesté sainte; Sa bouche en souriant de roses estoit peinte; Elle estoit vénérable, et quand elle parlôit Un parler emmiellé de sa lèvre couloit; Elle avoit le sein beau, la taille droitte et belle; Et soit qu'elle marchast, soit qu'on approchait d'elle.
a, Var. :
D'un faux imaginer n'abusent les humains, Par la porte de corne entrez en nos pensées, Des labeurs journaliers débiles et lassées,
I. Cette pièce fut publiée pour la première fois en 1(64 (13 pages in-4° sans nom de lieu). Elle est intitulée Élégie à la Royne en IJ73, et Discours en 1578.