I. François II, marié à Marie Stuart
D'une autre part ta sœur, en qui repouse Toute vertu, est maintenant Tespouse De ce grand Duc qui souloit te naïr, Et maintenant est prest de t'obéir, Amortissant toute noise ancienne, Ayant conjoint sa race avec la tienne.
Si doncques Roy fut jamais si heureux, ^ îin d'honneur, d'enfans si plantureux, Qui dessous toy ja grandets apparoissent Comme sions qui sous un arbre croissent?
Qui vivent tous, et si n'en as pas un Qui soit pourveu d'un petit bien commun ; Car ils sont tous abonaans en richesses, Ou Roys, ou Ducs, ou Roynes, ou Duchesses.
Tu es gaillard, tu es [eune et dispos, Et qui plus est, tu as mis en repos Ton peuple et toy ; car sans la paix publique Peu t'eust valu ton bon-heur domestique.
Tu as par tout ton peuple obéissant; Mais le seul poinct qui te rend si puissant, C'est le service et la fidelle peine De la maison illustre de Lorraine, Qui t'a servi et en guerre et en paix, Et jusau'au ciel a égalé tes faits ; C'est d'autre part le service agréable De ton vaillant et sage Connestable, Auauel tu fais comme à ton père honneur.
Et dont les ans t'ont servi de bon-heur:
C'est un d'AIbon, un Chastillon, et mille Autres seigneurs, dont la France est fertille.
Doncques avant tant de félicité, Contente-toy ae ceste humanité ; N'aspire point aux deïtez d'Homère, Bien qu'en ses vers ils facent si grand' chère. Et vy cent ans en France bien-heureux; Car ton bon-heur vaut bien celuy des Dieux.