‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger: contenant les dix chansons nouvellesChapitre 102 sur 105 · LE PAPU.LO · texte numérisé non relu

LE PAPU.LO

Aux feux du ciel tout se rallume.

Vieillard, regarde : il resplendit.

Déjà chaque bourgeon verdit Et partout Therbe se parfume.

Toi, le premier que je vois, Salut, papillon des bois!

Gai papillon, quelles nouvelles?

Combien tardent les hirondelles !

Leurs cris de joie, en revoyant leurs nids, Diraient : Espérance aux bannis !

LE PAPILLON

Ces messagères que Ton guette Vont arriver; et, ce matin, J^écoutais un écho lointain Répéter un chant de fauvette.

Toi, le premier que je vois, Salut, papillon des boisl

Gai papillon, quelles nouvelles?

Les fleurs encore éclôront-elles?

Les verrons-nous émailler le gazon De la tombe et de la prison?

DE BÉRÂNGER. Z6d

LE PAPILLON

Aux papillons comme aux fillettes, Oui, des fleurs vont s'offrir d'abord.

Yois-tu, sous le feuillage mort^ Briller Toeil bleu des violettes?

Toi, le premier que je vois, Salut, papillon des bois!

Gai papillon, quelles nouvelles?

Aurons-nous assez de javelles Pour tant de faims dont le cri vient d'en bas Troubler le riche à ses repas?

LE PAPILLON

A peine le réveil commence.

Ne sais, dans vos champs assoupis, Combien Dieu bénira d'épis ; Mais j'entends germer la semence.

Toi, le premier que je vois.

Salut, papillon des bois!

Gai papillon, quelles nouvelles? Quand de Fange aurons-nous les ailes, Ou dans le sang, mer à flux et reflux.

Quand ne se plongera-t-on plus?

LE PAPILLOn.

Vieillard, qu'un homme te réponde.

Au soleil je voltige en paix; Du suc des fleurs je me repais.

Adieu ! Je plains bien votre monde.

Toi, le premier que je vois, Adieu, papillon des bois!

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