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faiseurs dé phrases, quon appelle orateurs, baissaient la tète devant lui.
Tel fut l'homme que je n aurais pas quitté^ eût-il dû vieillir dans une position éminente. Loin de lui la pensée de m'affubler d aucun titre, d'aucun emploi! car il respectait mes goûts. C'est comme simple volontaire qu'il eût voulu me garder à ses côtés sur le champ de bataille du pouvoir. Et moi, en restant auprès de lui, je lui aurais du moins fait gîigner le temps que lui eussent pris , chaque jour, les visites qu'il n'eût. pas manqué de me faire, si je m'étais obstiné à vivre dans notre paisible retraite. Aux sentiments les plus élevés s'unis-saient dans son cœur les affections les plus douces; il n'était pas moins tendre ami que citoyen dévoué.
Ces derniers mots suffiront pour justifier cette digression, qui d'ailleurs ne peut dé-
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plaire aux vrais patriotes. lU n ont jamais plus regretté Manuel que depuis la révolution de Juillet, en dépit de quelques gens qui peutêtre répètent tout bas: Sommes-nous heureux que celuiJà soit mort !
11 est temps de jeter un coup d œil général sur mes chansons. Je le confesse d abord : je conçois les reproches que plusieurs ont dû m'attirer de la part des esprits austères , peu disposés à pardonner quelque chose , même à un livre qui n'a pas la prétention de servir à Téducation des demoiselles. Je dirai' seulement, sinon comme défense, au moins comme excuse, que ces chansons, folles inspirations de la jeunesse et de ses retours, ont été des compagne fort utiles, données aux graves refrains et aux couplets politiques. Sans leur assistance, je suis tenté de croire que ceux-ci auraient bien pu n'aller ni aussi loin ni aussi
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bas , m même aussi haut ; ce dernier mot dûtil scandaliser les vertus de salon;
Quelques unes de mes chansons ont été traitées d'impies, les pauvrettes! par MM. les procureurs du roi, avocats-généraux et leurs substituts, qui sont tous gens très religieux à laudience. Je ne puis, à cet égard, que répé^ ter ce qu'on a dit cent fois. Quand, de nos jours^ la rdigibn se fait instrument politique, elle s'expose à voir méconnaître son caractère sa<^ cré; les plus toléirants deviennent intolérant^ pour elle ; les croyants, qui croient autre chose que ce qu'elle enseigne, vont quelquefois, par représailles, l'attaquer jusque dans son sanc^ tifâim. Moi, qui suis de ces croyants, je n'ai jamais été jusque-là : je me suis contenté de faire rire de la livrée du catholicisme. Est-ce del'impi^é?
Enfin , grand nombre de mes chansons né