‹ uvres complètes de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 158 sur 166 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Am dif vaudeville de Préville et Taconnet.

Allez, enfants nés sous un autre règne; Sous celui-ci quittez le coin du feu.

Adieu! partez, bien que pour vous je craigne Certaines gens qui pardonnent trop peu.

On m'a crié : L'occasion est bonne; Tous les partis rapprochent leurs drapeaux. Allez, enfants; mais n'éveillez personne: Mon médecin m'oi'donne le repos.

Pour vos aînés que de pas et d'alarmes ! J'ai vu Thémis m'ôter mon plus doux bien! Car en prison le sommeil est sans charmes : Près du malheur on ne dort jamais bien.

CeUe cl).inson ost en tète du volume publié en 1825,

J'entends encor le verrou qui résonne, Et dans ma main fait trembler mes pipeaux. Allez, enfants; mais n'éveillez personne : Mon médecin m'ordonne le repos.

Si l'on disait : La gaieté vous délaisse, Vous répondrez (et pour moi j'en rougis) : ce De notre père accusant la faiblesse, « Les plus joyeux sont restés au logis. )^ Ces égrillards iraient, d'humeur bouffonne, Pincer au lit le diable et ses suppôts. Allez, enfants; mais n'éveillez personne : Mon médecin m'ordonne le repos.

Vous passerez près d'une ruche pleine.

D'abeilles, non; mais de guêpes, je crois. Ne soufflez mot, retenez votre haleine; Tremblez, enfants, vous «pri jurez parfois*! Le dard caché qu'à ces guêpes Dieu donne A fait périr des bergers, des troupeaux. Allez, enfants; mais n'éveillez personne : Mon médecin m'ordonne le repos.

Petits Poucets de la littérature, S'il vient un ogre, évitez bien sa dent; Ou, s'il s'endort, dérobez sa chaussure : De s'en servir on peut juger jjrudent.

Non. Qu'ai-je dit? Ah ! la peur déraisonne ; Tous les partis rapprochent leurs drapeaux. Allez, enfants; mais n'éveillez personne : Mon médecin m'ordonne le repos.

Dans plus crun village, on croit encore que les abeilles se jettent sur ceux qui profèrent des jurons auprès de leur ruche.

Par un sentiment de réserve que Ton comprendra l'acilement, Tcditeur hésitait a publier cette lettre, dont il donnera le fac-similé plus tard: mais ces quelques lignes d'un encouragement précieux devaient ajouter un intérêt nouveau à notre édition des Chansons de Béranger ; et, d'ail, leurs, nous ne pouvions pas trouver de préface plus convenable aux chansons inédites que nous publions aujourd'hui.

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