‹ uvres complètes de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 45 sur 166 · ÉLOGE DES CHAPO · texte numérisé non relu

ÉLOGE DES CHAPO

Air. : Ali! le l>e' oiseau, maman!

Pour ma part, moi, j'en réponds,

Oui, poulettes,

Oui, coquettes.

Pour ma part, moi, j'en réponds, Bienheureux sont les chapons î

Exempts du tendre embarras Qui maigrit l'espèce humaine.

Comme ils sont dodus et gras, Ces bons citoyens du Maine !

Pour ma part, moi, j'en réponds,

Oui, poulettes,

Oui, coquettes, Pour ma part, moi, j'en réponds, l^ienheureux sont les chapons!

Qui d'eux, troublé nuit et jour, Fut jaloux jusqu'à la rage?

Leur faut-il contre l'amour Recourir au mariage?

Pour ma pari, moi, j'en réponds,

Oui, poulettes.

Oui, coque tteSj l'our ma part, moi, j'en réponds.

Bienheureux sont les chapons !

Plusieurs, pour la l'orme, ont pris Une compagne gentille :

J'en sais qui sont bons maris, Qui môme ont de la l'amille.

Pour ma part, moi, j'en réponds,

Oui, poulettes.

Oui, coquettes, Pour ma part, moi, j'en réponds, Bienlicnreux sont les chapons!

Modérés dans leurs désirs, Jamais ces gens, que j'estime, ^'ont [)our fruit de leurs plaisirs Les remords ou le régime.

Pour ma part, moi, j'en réponds,

Oui, poulettes,

Oui, co(| nettes, î^our ma part, moi, j'en réponds, Pienheureux sont les chapons !

Or, messieurs, examinons Notre sort auprès des belles :

Oue de mal nous nous donnons Pour (romper des infidèles!

bE Bi'^HANCi:!;. s:,

Pour ma part, moi, j'en réponds,

Oui, ponieltes.

Oui', coquettes. Pour ma part, moi, j'en reponds, Bienheureux sont les chapons!

C'est mener un train d'enfer, Quelque agrément qu'on y trouve; D'ailleurs, on n'est pas de fer.

Et Dieu sait comme on le prouve !

l^our ma part, moi, j'en réponds,

Oui, poulettes,

Oui, coquettes, Pour ma part, moi, j'en réponds.

Bienheureux sont les chapons !

En dépit d'un faux honneur, Prenons donc un parti sage.

Faisons tous notre honheur, Allons, messieurs, du courage!

Pour ma part, moi, j'en réponds,

Oui, poulettes,

Oui, coquettes.

Pour ma part, moi, j'en réponds, Bienheureux sont les chapons !

Assez de monde concourt A propager notre espèce.

86 GIIANSOIVS

(loupons, morbleu! coupous cour Aux erreurs de la jeunesse.

Pour ma part, moi, j'en réponds,

Oui, poulettes,

Oui, coquettes.

Pour ma part, moi, j'en réponds.

Bienheureux sont, les chapons!

Lî^ BON FKANCAIS

CtlANSON

rilAMÉl:. IIKVA.M 1»KS AIHl.S \)K CAMI' Di: i/KMl'KUr.ll; ALI:;XA^•|»1■,E .

An. : J'dits UN curé pttlr/ole.

J'aime qu'un Uusse soil Husse, i^^i (ju'un Anglais soil Anglais.

Si Ton esl Prussien en Prusse, En France soyons Français.

Lors(ju'ici nos cœurs émus Conq)t(ml des Français de plus ',

Mes amis, mes amis, Soyons de notre pays, . .

Oui, soyons de notre pays.

* Il est nécessaire de rappeler ici (jue M. le comle d'Artois avait dit : « Il n'v a rien de clianiié en France : il n'y a qn'nn Français de plus. »

\)E \\VA\KNGK\\. 87

Charles-Quint portait envie A ce roi plein de valeur*, Qui s'écriait à Pavie :

Tout est perdu, [on r honneur I Consolons par ce mot-là Ceux que le nombre accabla.

Mes amis, mes amis, Soyons de notre pays, Oui, soyons de notre pays.

Louis, dit-on, fut sensible** Aux malheurs de ces guerriers Dont l'hiver le plus terrible A seul flétri les lauriers. Près des lis ([u'ils soutiendront, Ces lauriers reverdironl.

Mes amis, mes amis, Soyons de notre pays.

Oui, soyons de notre pays.

Enchaîné par la souffrance.

Un roi fatal aux Anglais '** A jadis sauvé la France Sans sortir de son palais.

On sait, (|iiand il le faudra,

Irançois 1'^'.

" Les journaux du temps racontèrent que, sur une lettre du roi, l'empereur Alexandre avait promis de renvoyer en France tous les pri- •ouniers faits sur nous dans la malheureuse campagne de Russie. Charles V, dit le Saw.

Sur qui Louis s'appuiera *. .

Mes amis, mes amis, Soyons de notre pays, Oui, sovons de notre pavs.

Redoutons l' anglomanie, Elle a déjà gâté tout.

N'allons point en Germanie Cdiercher les règles du goût, N'empruntons à nos voisins Que leurs femmes et leurs vins.

Mes amis, mes amis, Soyons de notre pays, Oui, soyons de notre pays.

Notre gloire est sans seconde :

Français, où sont nos rivaux ?

Nos plaisirs cliarment le monde, l'clairé par nos travaux. Qu'il nous vienne un gai refrain, Et voilà le monde en train!

Mes amis, mes amis, Soyons de notre pays, Oui, soyons de notre pavs.

En servant notre patrie, Où se fixent pour toujours Les plaisirs et Lindustrie, Les beaux-arts et les amours,

Le roi avait dit, à Saint-Oiien, anx maréchaux Masséna, Mortier, Leftivre, Ney, etc., qu'il s'appuierait sur eux.

DE BEKANGEr.. 81)

Aimons, Ijonis le permet,

Tout ce ([irilenri Qualrr aimail.

Mes amis, mes amis.

Soyons de notre pays, Oui, soyons de noire pays.

LA GRANDE OUGn^

Aiu : Viir le vin de Ikimpomieau!

Le ^in charme tous les esprits :

Ou' on le donne Par tonne.

Que le vin pleuve dans Paris, Pour voir les gens les plus aigris Gris.

Non, plus d'accès Aux procès; Vidons, joyeux Français, Nos caves renommées.

Qu'un censeur vain Croie en vain Fuir le pouvoir du vin, Et s'enivre aux fumées.

Le vin cliariiie tous les esju'its :

Qu'on le donne Par tonne.

<Jue le vin pleuve dans i^iris, four voir les gens les pins aigris dris.

Graves auteurs, l^^roids rhéteurs, Tristes prédicateurs, Endormenrs d'auditoires, Gens à pamphlets, A couplets, Changez en gobelets Vos larges écritoires.

Le vin charnue tous les esprits :

Qu'on le donne Par tonne.

Que le vin pleuve dans Paris, Pour voir les gens les plus aigris Gris.

Loin du Tracas Des combats, Dans nos vins délicats Mars a noyé ses foudres.

Gardiens de nos Arsenaux, Gédez-nous les tonneaux Où vous mettiez vos poudres.

DE BERÂNGEH.

Le vin charme tous les esprits : Qu'on le donne Par tonne.

Que le vin pleuve dans Paris, Pour voir les gens les plus aigris Gris.

Nous qui courons Les tendrons, De Cythère enivrons Les colombes légères.

Oiseaux chéris De'Cypris, Venez, malgré nos cris, Boire au fond de nos verres.

Le vin charme tous les esprits :

Qu'on le donne Par tonne.

Que le vin pleuve dans Paris, Pour voir les gens les plus aigris Gris.

L'or a cent fois Trop de poids.

Un essaim de grivois, P)uvant à leurs mignonnes, Trouve au loi ni Ce cristal Préférable au métal Dont on fait les couronnes.

Le vin charme tous les esprits :

Qu'on le donne Pqr tonne.

Que le vin pleuve clans Paris, Pour voir les gens les plus aigris Gris.

Enfants charmanls De mamans Oui des orands senliments Banniront la Folie, • , - Nos fils bien gros, Bien dis|)0s, . '

Naîtront parmi les pots, Le front taché de lie.

Le vin charme tous les esprits :

Qu'on le donn(^ Pnr tonne.

(Jue le vin pleuve dans Pnris, Ponr voir les gens les plus aigris dris.

Fi d'un honneur Suborneur!

Enfin du vrai bonheur Nous porterons les signes.

Les rois boiront Tous en rond; Les Lauriers serviront D'échaLis à nos vii-ncs. '

Le vin charme tous les esprits :

Ou'on le donne Par tonne.

Que le vin pleuve dans Paris, Pour voir les gens les plus aigris Gris.

Raison, adieu!

Qu'en ce lieu Succombant sous le dieu Objet de nos louanges, Bien ou mal mis, Tous amis, •

Dans l'ivresse endormis, Nous rêvions les vendanges !

Le vin charme tous les esprits :

Qu'on le donne Par tonne. Que le vin pleuve dans Paris, '

Pour voir les gens les plus aigris Gris.

9i CHANSONS

l.E JOUK DES MORTS

Al H ; Mirliton.

(Les lieux prcmior> vers clo l'iiir soiil doiiblés.)

Amis, entendez les cJoclies Qui par leurs sons gémissants Non s font de bruyants reproches Sur nos rires indécents.

Il est des âmes en peine, '

Dil le ])rêtre intéressé; (l'est le jour des morts, mirliton, mirlitaim^; Bequiescavt in parc!

Qu'en ce jour la poésie Sème les tombeaux de fleurs; Qu'à nos yeiix l'hypocrisie , Les ari'ose de ses pleurs.

Je chante au sort rpii m'entraîne Sur les traces du passé :

C'est le jour des morts, mirliton, mirlitain(^; Ikquiciicfnit iii l>(irr!

Méchants, redouiez les diahles; Mais qu'il soit un paradis Pour les tilles charital)les, l^nir les buveurs francs amis;

Di: r.KnANGKIi. 95

i)uc saint Pierre aux gens sans liaine Ouvre d'un air empressé.

C'est le jour des morts, mirliton, mirlitaine; liecjuiescant in pace !

Le souvenir de nos pères Nous doit-il mettre en souei?

Ils ont ri de leurs misères; Des nôtres rions aussi.

Lise n'est point inhumaine; Mon llacon n'est point cassé.

C'est le jour des morts, mirliton, mirlitaine; Recjaiescant in pace!

Je ne veux |)oint qu'on me pleure.

Moi, le boute-en-train des fous.

Puissé-je, à ma dernière heure.

Voir nos fils plus gais que nous!

Ou'ils chantent à perdre haleine, Sur le bord du grand fossé :

C'est le jour des morts, mirliton, mirlitaine; lieqaiescant in pace !

!MÎ CHANSONS

i'r.i-:5t;xTEi';

l'Ai; LKs (,lllL^s i)i: olalitI"

rOIH UllTl.MI,

QL' o.\ i.i.ir, r,i.M>i; l emi;kk lidiie au jaisdin des uileries

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