‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 4)Chapitre 36 sur 94 · A UNE DAME DE TRENTE ANS, QUE L* AUTEUR APPELAIT SA GRAND'MBRE · texte numérisé non relu

A UNE DAME DE TRENTE ANS, QUE L* AUTEUR APPELAIT SA GRAND'MBRE

Air : J*étaU bon chasseur autrefois.

Au dire du proverbe ancien.

L'amitié ne remonte guère. * Bon petit-fils, je n'en crois rien Quand je pense à vous, ma grand'mère :

Ces titres , quelquefois si doux , Vous paraitraient-ils insipides?

Bonne maman, consolez- vous ; Vous n*avez point encor de rides.

L'âge a-t-il éteint vos désirs?

Blâmez-vous les tendres chimères?

Censurer les plus doux plaisirs Est le plaisir de nos grand'mères.

Les ans font-ils neiger sur nous, A nos yeux tout se décolore.

Bonne maman , consolez-vous ; Tous ne blanchissez point encore.

l'Amour a peur des grand'mamans ; Mais, à prix d'or, combien de vieilles Ont à leurs gages des amants Dont les missives font merveilles !

On sait, pour lire un billet doux.

Quel moyen prennent ces coquettes.

Bonne maman, consolez- vous; Tous lisez encor sans lunettes.

Quoi! sans rides, sans cheveux blancs.

Et sans lunettes, à votre âge!

Voyons si vos genoux tremblants Des ans n'attestent pas l'outrage.

Oui , je vois trembler vos genoux Que l'Amour tendrement caresse.

Bonne maman , consolez- vous ; Prenez un bâton de vieillesse.

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