‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 273 sur 323 · MES JOURS GRAS DE · texte numérisé non relu

MES JOURS GRAS DE

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Mon bon Roi, Dieu vous tienne en joie !

Bien qu'en butte à votre courroux,

Je passe encor, grâce à Bridoie”,

Un carnaval sous les verroux.

Ici fallait-il que je vinsse Perdre des jours vraiment sacrés !

J'ai de la rancune de prince :

Mon bon Roi, vous me le paierez.

Dans votre beau discours du trône”*, Méchant, vous m’avez désigné.

C'est me recommander au prône ;

Aussi me suis-je résigné.

Mais triste et seul, quand j’entends rire Tout Paris en joyeux émoi.

Je reprends goût à la satire :

Vous me le paierez, mon bon Roi.

Voyez, verre en main, bouche pleine.

Fous déguisés de vingt façons.

Mes amis m’oublier sans peine,

*On avait tenté de me faire entendre qu'il ne tenait qu‘â moi d’obtenir des adoucissements à ma captivité.

** J’ai passé à Sainte-Pélagie le carnaval de 18».

Amist voici la riante semaine, etc., etc.

*** Il y avait, dans le discourt du trône rie celte année, nne phrase où tout le monde a cru vo r une application à l'alfsire qui m’a été faite. <^uel honneur!

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Tout en répétant mes chansons.

Avec eux, ma verve en démcuce Eût perdu ses traits acérés.

J'aurais pu boire à la clémence :

Mon bon Roi, vous me le paierez.

Vous connaissez Lise la folle.

Qui sur mes fers pleure d'ennui ;

Ce soir même un bal la console :

” Bah ! dit-elle ; tant pis pour lui ! »

J'allais, pour complaire à la belle,

Nous peindre heureux sous votre loi ; Serviteur! Lise est inlidèle :

Vous me le paierez, mon bon Roi.

Dans mon vieux carquois où font brèche Les coups de vos juges maudits,

Il me reste encore une flèche;

J'écris dessus : Pour Charles dix.

Malgré ce mur qui me désole.

Malgré ces barreaux si serrés,

L'arc est tendu, la flèche vole :

Mon bon Roi, vous me le paierez.

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