‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 279 sur 323 · LE JUIF ERRANT · texte numérisé non relu

LE JUIF ERRANT

An du Chase» ronje d’Acédie de Eiaiptaa.

Chrétien, au voyageur souffrant Tends un verre d’eau sur ta porte.

Je suis, je suis le Juif errant,

Qu’un tourhillon toujours emporte. (bis.\ Sans vieillir, accablé de jours,

La fin du monde est mon seul rêve.

Chaque soir j'espère toujours;

Mais toujours le soleil se lève.

Toujours, toujours, (bit.) I ^ .

Tourne la terre où moi ie cours, j ' Toujours, toujours, toujours, toujours.

Depuis dix-huit siècles, hélas !

Sur la cendre grecque et romaine,

Sur les débris de mille états,

L'affreux tourbillon me promène.

J'ai vu sans fruit germer le bien,

Vu des calamités fécondes;

Et pour survivre au monde ancien.

Des flots j'ai vu sortir deux mondes.

Toujours, toujours,

Tourne la terre où moi je cours,

Toujours, toujours, toujours, toujours.

* Le dévouement de La Fontaine pour Fouqnet le St exiler en Touraine, anc «on cousin Jeannard; on doit à eel exil les lellre» de La Fonlaine à sa femme. On y volt quu le lieutenant criminel leur fournit de l'argent pour le voyage. Lex temps «ont bien changés.

M. Loyal, l'huiuier de Tartufe.

• •• || ya ici une Inexactitude. Cen’exljpoinl 10,000, mal» tl,*50franex qu'on m’a fait payer, grâce au dixiéme de guerre et aui fralx Jmlviulie.

Aî)

Dieu m'a changé pour me punir :

A tout ce qui meurt je m'attache.

Mais du toit prêt à me bénir Le tourbillon soudain m’arrache.

Plus d'un pauvre vient implorer Le denier que je puis répandre,

Qui n’a pas le temps de serrer La main qu'en passant j'aime à tendre.

Toujours, toujours.

Tourne la terre où moi je cours, Toujours, toujours, toujours, toujours.

Seul, au pied d’arbustes en fleurs.

Sur le gazoD, au bord de l’onde,

Si je repose mes douleurs,

J 'entends le tourbillon qui gronde.

Eli ! qu'importe au cieil irrité Cet instant passé sous l'ombrage?

Faut-il moins que l'éternité Pour délasser d'un tel voyage?

Toujours, toujours,

Tourne la terre où moi je cours.

Toujours, toujours, toujours, toujours.

Que des enfants vifs et joyeux,

Des miens me retracent l’image ;

Si j'en veux repaître mes yeux,

Le tourbillon souffle avec rage.

Vieillards, osez-vous à tout prix M'envier ma longue carrière?

Ces enfants à qui je souris,

Mon pied balaiera leur poussière.

Toujours, toujours,

Tourne la terre où moi je cours, Toujours, toujours, toujours, toujours.

Des murs où je suis né jadis,

Retrouvé- je encor quelque trace;

Pour m'arrêter je me roidis;

Mais le tourbillon me dit : • Passe!

« Passe! » et la voix me crie aussi :

» Reste debout quand tout succombe.

" Tes aïeux ne t’ont point ici « Gardé de place dans leur tombe. »

Toujours, toujours,

Tourne la terre où moi je cours,

Toujours, toujours, toujours, toujours.

J outrageai d’un rire inhumain L'homme-dieu respirant à peine...

Mais sous mes pieds fuit le chemin ;

Adieu, le tourbillon m'entraîne Vous qui manquez de charité,

Tremblez à mon supplice étrange :

Ce n’est point sa divinité,

C est l’humanité que Dieu venge.

Toujours, toujours,

Tourne la terre où moi je cours,

Toujours, toujours, toujours, toujours.

GnunnuiniaimauBnBiiBiwHmïimnfiririiififrçixifr

COUPLET

Air : Ttmmrei-TOis na parieuail

Notre siècle, penseur brutal,

Contre Delille s'évertue.

Tel vécut sur un piédestal Qui n'aura jamais de statue.

Artiste, poète, savant,

A la gloire en vain on s’attache ;

C'est un linceul que trop souvent La postérité nous arrache.

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