‹ Œuvres complètes de P.J. de Béranger :Chapitre 12 sur 129 · XXXIV NOTICE · texte numérisé non relu

XXXIV NOTICE

De son lait pur ne m'abreura jamais.

Que demander à qui n*cut point de maître? Du malheur seul les leçons m'ont formé ; Et ces épis, que mon printemps voit naître, Sont ceux d'un champ où rien ne fut semé.

Dans les diverses préfaces que Déranger a écrites pour ses chansons, il sera facile de retrouver, mêlé aux inquiétudes d'une modestie ingénue, plus d'un événement de sa jeimesse et de son âge mûr. Pour quiconque sait reconnaître les accents du cœiu* au fond du style, ces préfaces sont d'un prix inestimable. L'auteur cause avec vous conune un voisin, comme un ami ; il vous dit naïvement :

Tétais là, telle chose m'advint !

11 gémit parfois, mais sans amertume, de la sottise des hommes ; il parle avec un vrai transport de leurs bienfaits. Lucien Bonaparte, le frère le plus aimé et le plus intelligent de l'Empereiu*, a mérité un bon souvenir de notre poète (Chansons de 1853, Dédicace); ce souvenir traversera les âges. — Rare bonheur pour un prince, d'avoir lendu ime main libérale à Tliomme qui peut donner l'immortalité en récompense d'im bienfait!

De Tan 1805 à l'année 1806, quelle minute heureuse! Dans cette halte glorieuse que faisait l'Empereur au milieu de sa gloire, les beaux-arts, qui jetaient un vif éclat, avaient entrepris plusieurs grands recueils, parmi lesquels s'est fait remarquer le beau livre intitulé : Annales du Musée, immense travail des peintres et des écrivains contemporains, publié sous la direction de Landon, et qui devait remporter le prix décennal. Cette histoire des plus grands hommes de l'antiquité, dont les plus grands peintres avaient reproduit les nobles images, obtint bien vite la collaboration de notre poète, et Béranger écrivit de nobles pages pour ce recueil. Il aimait les belles peintures, il avait le sentiment de ces grands chefsd'œuvre, et, s'il demandait de temps à autre au concert : Est-ce du Mozart? pas n'était besoin de lui dire : Voilà du Titien! voilà du Raphaël!

Ce sont là des travaux d'essai, mais on voit déjà, dans ces pages bien pensées et bien écrites, im honnête esprit qui tente modestement la fortune littéraire, qui doute, qui hésite, et qui changerait

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